Sur la piste de J-P

août 30, 2006

Suicides X 3 = Cas troublants (au cube…)

Enregistré dans : Actualité, Généralités — J-P @ 7:11 pm

Je n’ai pas un sujet joyeux aujourd’hui. Habituellement je relate des faits ou des expériences positives, de belles rencontres, la famille, le bébé qui s’en vient, la vie en général. La plupart du temps, je discute aussi avec agrément de photos, de voyages, de découvertes, d’actualité, de politique, de faits divers.

Mais, hélas, il n’y a pas que du beau dans la vie. Dans les derniers jours un homme et deux garçons de chez nous se sont enlevés la vie. D’après les dernières nouvelles, il s’agirait de trois suicides. Ceci explique mon titre en équation de la mort.

Il y a eu les deux adolescents de 14 ans qui ont fait un pacte de suicide à Saint-Dominique. Je ne peux pas croire que c’est parce que les vacances étaient finies… Puis, il y a Benoit Sauvageau, ce député dans la jeune quarantaine, qui se tue au volant de sa voiture laissant sa femme et ses enfants devant un grand vide. La femme du député a appelé le 911, en pleurs et en pleine détresse, en hurlant que son mari venait de quitter la maison en menaçant de se lancer dans le fleuve. Les policiers sont partis à sa recherche, mais le pire était déjà fait. Quels drames humains!

Qu’est-ce qui doit se passer dans la tête de ces hommes qui en viennent à décider d’en finir ainsi? Quelle est la source de leur détresse extrême? Pourquoi ces gestes sans retour? Pourquoi y-a-t-il ici, en moyenne, beaucoup plus d’hommes que de femmes qui s’enlèvent la vie? Pourquoi le taux de suicide au Québec est un des plus élevés au monde? Plusieurs questions et souvent bien peu de réponses.

En fait, parfois, il n’y a pas de réponses. Enfin, personne ne les connait. Par exemple, les cas de trop nombreux adolescents dont on ne peut expliquer le suicide, même après des années, où les parents et les proches ne comprennent absolument pas ce qui à pu se passer dans la tête de ces jeunes, sont à mon avis les plus troublants.

Pour ceux qui restent, il y a le vide de les avoir perdus et le vide de ne pas savoir pourquoi ils sont partis. Ce doit être franchement horrible de remuer sans cesse ces questions sans jamais pouvoir y répondre…

août 28, 2006

L’incroyable vitesse d’internet

Enregistré dans : Généralités — J-P @ 7:04 pm

J’ai eu une expérience directe qui m’a fait réaliser la vitesse et la commodité d’internet. On sait qu’internet est rapide et a changé la façon de communiquer, mais il n’y a rien comme vivre une démonstration concrète pour mieux comprendre le phénomène.

Où je travaille, il y a un vendeur que je n’avais pas vu depuis quelques jours. Il est en déplacement à l’extérieur pour brasser des affaires, sans doute dans le sud des USA, ou au Mexique où se trouvent la plupart de ses clients. La semaine passée, il m’a envoyé un courriel que j’ai reçu à 16h30. Mais là, j’étais vraiment étonné lorsqu’il m’écrivait dans son courriel qu’il se trouvait au Japon. Au cour de sa visite, les clients japonais voulaient connaitre la possibilité de faire modifier un de nos produits et il avait besoin d’informations.

Par curiosité, j’ai fait une recherche rapide sur l’heure qu’il était au Japon pour réaliser qu’il était 5h30 du matin. J’avais les informations pour lui et je lui ai répondu sur le champ. Deux ou trois minutes plus tard, je recevais un autre message de sa part. Coup donc, il est bien matinal, à l’autre bout du monde! J’entends parler de lui plus souvent que lorsqu’il se trouve dans le même édifice que moi dans le département des ventes…

Aujourd’hui lundi, vers 16h30, le même scénario se reproduit. Le même vendeur, Marc, s’informe sur un dossier par courriel. Je réponds tout de suite. Il me répond quelques secondes plus tard. Là je suis curieux, est-il toujours au Japon? Je lui envoie un courriel pour savoir s’il est branché en permanence et s’il dort des fois, même au pays du Soleil Levant. Voici sa réponse:

“J-P,
Oui, ici il est 5h48 AM. Je me suis levé tous les jours vers 4h30 AM pour répondre à mes emails et être en contact avec le monde d’Amérique. Je suis branché en permanence dans ma chambre d’hôtel avec une connexion par câble haute vitesse.

Je pars finalement aujourd’hui à 4h00 PM (Japon) 3h00 AM (Québec) pour revenir.

Salut,
Marc”

Pas besoin d’en dire plus sur le phénomène internet.

août 27, 2006

Nouvelle phrase mnémonique sans Pluton?

Enregistré dans : Actualité, Généralités — J-P @ 1:55 pm

Vous êtes probablement au courant que Pluton n’est plus la neuvième planète du système solaire depuis jeudi passé.  C’est ce qu’ont décidé à Prague les membres de l’union astronomique internationale qui a revu la définition du terme planète.  La résolution 5B qui n’a pas passée, proposait d’ajouter le mot “classique” après planète.  Il y aurait alors eu les planètes classiques et plusieurs autres planètes naines, dont Pluton.  Les membres en ont décidé autrement et notre système solaire comporte maintenant huit “vraies” planètes. Pluton, découverte en 1930, n’est désormais qu’une planète naine. Ce qui vexe certains américains puisque Pluton était la seule planète découverte par un américain, l’astronome Clyde William Tombaugh… 

Rencontrez donc notre nouveau système solaire. 

Les livres d’école devront être corrigés. Jadis, les planètes étaient: Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Nepture et notre bon vieux petit Pluton. Les phrases mnémoniques suivantes aidaient à identifier la séquence des planètes.  

Me Voici Toute Mignonne Je Suis Une Nouvelle Planète”, ou encore
Mon Vieux Tu Me Jettes Sur Une Nouvelle Planète!”,
la première lettre de chaque mot étant aussi celle d’une planète. 

On pourrait bien s’amuser à se creuser la tête pour formuler une nouvelle phrase qui laisse tomber le nain Pluton. Comme cette blogueuse qui propose: 

Mon Voisin Toxico Maladivement Junkie Squatte Un Night-club”

Mais, je crois bien qu’on pourrait trouver mieux, puisqu’on est assez loin de l’astronomie!  Êtes-vous prêt à remuer vos méninges et proposer une nouvelle phrase?  Si vous ne trouvez pas la tâche trop ardue, faites-vos suggestions dans les commentaires de ce billet. 

Voici mon propre essai qui n’est pas très original puisqu’il vient de la première phrase, mais qui a l’avantage d’être fait rapidement:

Me Voici Toute Mignonne Je Suis Une Nébuleuse”

Enfin, pour tout savoir sur le raisonnement des astronomes, le texte de l’union astronomique relativement au sort de Pluton est ici. En voici l’essentiel:  

“Les observations récentes ont changé notre vision des systèmes planétaires et il est important que la nomenclature des objets reflète notre compréhension actuelle. Ceci s’applique en particulier à la définition d’une « planète ». Le mot « planète » désignait initialement les « vagabonds » du ciel, c’est-à-dire les points de lumière qui bougeaient par rapport aux étoiles. Les découvertes récentes nous conduisent à une nouvelle définition correspondant à l’état de nos connaissances. 

RÉSOLUTION 5A
En Conséquence, l’Union Astronomique Internationale (U.A.I.) décide de répartir les planètes et autres corps du système solaire en trois catégories de la manière suivante: 

(1) une planète1 est un corps céleste qui
(a) est en orbite autour du Soleil, 
(b) a une masse suffisante pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique, sous une forme presque sphérique, 
(c) a éliminé tout corps susceptible de se déplacer sur une orbite proche,

(2) une « planète naine » est un corps céleste qui 
(a) est en orbite autour du Soleil, 
(b) a une masse suffisante pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique, sous une forme presque sphérique, 
(c) n’a pas éliminé tout corps susceptible de se déplacer sur une orbite proche, 
(d) n’est pas un satellite;2 

(3) tous les autres objets3, sauf les satellites, en orbite autour du Soleil sont appelés petits corps du « Système Solaire ». 



1. Les 8 planètes sont: Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. 
2. Une action spécifique sera organisée par l’U.A.I. pour décider à quelle catégorie, « planète naine » et/ou autres classes, appartiennent les cas limites. 
3. Ceci inclut la plupart des astéroïdes du Système Solaire, la plupart des objets trans-neptuniens (O.T.N.), les comètes et tous les autres corps. 

RÉSOLUTION 6A
Conformément à la définition ci-dessus, Pluton est une « planète naine ». Il est identifié comme le prototype d’une nouvelle catégorie d’objets trans-neptuniens.” 

août 22, 2006

Bébé Myriam s’en vient…

Enregistré dans : Généralités, Myriam — J-P @ 8:38 pm

Huit heures moins quart du matin, Hélène et moi étions à l’hôpital du Sacré-Coeur pour l’échographie de 20 semaines. Bébé bouge toujours et se porte bien d’après l’infirmière qui analyse les images construites par les ondes sonores sur son écran. En plus de vérifier l’état de bébé, un but de cette échographie est de s’assurer de la bonne position du placenta dans le ventre de maman. Il n’y a pas de problème relié au placenta qui est bien placé.

Puis, il est généralement possible à cette échographie de mieux voir le sexe de bébé. Notre curiosité nous brûle les neurones et sort en questions à travers nos lèvres.  L’image se précise. L’infirmière voit clairement trois petits traits et l’absence d’un appendice mâle. À moins d’une énorme surprise, bébé sera une petite fille.  Après une longue réflexion entamée depuis des lunes et un consensus facilement obtenu, ses créateurs la nomment dès maintenant, Myriam!

Le processus de l’échographie à l’hôpital me fait penser à une visite chez mon dentiste. L’assistante fait tout le travail de préparation et me fait un examen approfondi. Puis mon dentiste arrive.  Il explore lui aussi ma bouche pendant une minute ou deux et tout est fini. Quand on n’a pas de problèmes majeurs, ça se passe vite.  Ainsi donc, pour l’écographie, la radiologiste a déplacé la sonde pendant quelques minutes et nous a rassurés sur l’évolution de la grossesse avant de partir en coup de vent pour boucler la visite. Nous ne demandons pas mieux, nous avons hâte de quitter pour retourner à notre train-train quotidien et au boulot.  Tout ceci, après un arrêt-éclair de ravitaillement stratégique à l’épicerie!

Contrairement à l’écographie de 12 semaines , l’infirmière m’a dit non aux photos, selon la politique de l’hôpital. Je n’ai donc pas une moisson d’images ou de vidéo à présenter dans ce billet. Qu’à cela ne tienne, l’infirmière nous a tout de même remis deux belles photos de bébé Myriam. L’important n’est pas la quantité, mais la qualité. Regardez, trouvez-vous, comme papa, que Myriam est déjà la plus mignonne des petites filles?  Un profil de Star, vous trouvez pas?

août 20, 2006

Les crêpes, les causeries et l’inspecteur qualité

Enregistré dans : Photographie, Près de chez nous — J-P @ 11:29 am

 

Photo: Les sourires sur le perron 

Hélène et moi avons eu beaucoup de plaisir la semaine passée à recevoir ma famille pour un brunch.  Tous les convives ont découvert la recette des délicieuses crêpes fourrées aux framboises d’Hélène et aussi que je pouvais faire cuire des crêpes.  Les photos des crêpes sont à la fin du texte.  Avouez qu’elles ont l’air bonnes, tellement  appétissantes que plusieurs se faisaient prendre en photo avec leur(s) crêpe(s)…

Puis, l’estomac bien plein, les filles ont fait des bulles et le reste du clan en a profité pour piquer des jasettes sur le perron de la maison. 

J’aime bien la photo Les sourires sur le perron.  Je lui ai donné un look un peu vintage aux couleurs délavées et j’ai brouillé un peu l’arrière-plan de la scène.  On y lit, de gauche à droite sur les visages des personnages cordés en diagonale, le bonheur et la détente sur ces jeunes sourires.  Le bonheur des crêpes, du plein air, celui de se retrouver ensemble et en famille, tous ces bonheurs s’additionnent et s’impriment sur chaque figure. 

Par contre, je suis quelque peu inquiet présentement, l’inspecteur du contrôle de la qualité vient d’arriver pour faire sa ronde d’inspection aléatoire, la fameuse visite surprise.  Mes nerfs sont un petit peu en boule quand je les vois arriver ceux-là.

L’outil du contrôle de la qualité du bonheur, c’est mon appareil photo.  La preuve archivée, cette photo de sourires.  Le document est irréfutable.  L’inspecteur en contrôle qualité, qui scrute l’image du regard, semble heureux lui aussi.  En examinant la photo soigneusement, il remarque qu’il n’y a pas de défectuosités dans l’échantillonnage de bonheur.  En fait, on ne peut en produire du meilleur que ça du bonheur!  De la toute première qualité, un vrai bonheur de choix.

L’inspecteur certifie que tout est conforme aux normes en vigueur, même selon les derniers amendements aux règlements dont il vient de prendre connaissance.  “La joie, je n’aurai pas à écrire un rapport détaillé de non-conformité et aucune mesure d’action corrective n’est requise aujourd’hui” me déclare-t-il solennellement.  Tout à coup, l’inspecteur s’assoit et jette un coup d’oeil sur la section 32a paragraphe b) du manuel de mise à jour.  Une sueur froide perle dans mon cou.  Je sais pertinemment qu’ils sont très méticuleux et souvent pointilleux les inspecteurs qualité.  Parfois ils coupent les cheveux en quatre et ils peuvent finir par nous agacer.  Enfin, nous n’avons pas le choix et il faut vivre avec puisque ces traits de caractères viennent avec leur métier. 

Après un moment, il lève la tête et heureusement tout est bien en règle.  Ouf!  “Il ne faut jamais être trop prudent en inspection qualité.  Les gens nous en passent souvent des petites vite, vous savez.  On gratte un peu et les problèmes sortent de partout.  Un inspecteur efficace reste sur ses gardes” qu’il me dit.

L’inspecteur range sa loupe en forme de monocle dans son étui et termine sa visite surprise.  Il sort son étampe de bonhomme sourire :-) et il appose son sceau d’assurance-qualité sur la photo.  Yes! Le lot est ainsi approuvé!  Bonheur de toute première qualité et certifié pur à 100%.  Comme le jus d’orange du matin…

Les autres photos:

�a jase sur le perron Hélène et ses crêpes fourrées aux framboises Suzanne et sa crêpe Le brunch du matin Gilles et isabelle

août 19, 2006

Les bulles de tante Hélène

Enregistré dans : Photographie, Près de chez nous — J-P @ 9:29 pm

Tante Hélène se concentre et souffle fort sur l’anneau de plastique. 

Isabelle est captivée par les bulles de sa tante et les pointe du doigt.

Elles sont belles, elles sont rondes, elles s’envolent dans les airs. 

Il y en a une, deux, trois, quatre, cinq, six. 

La photo de ce conte est d’accord avec ce compte.

Oui, six bulles de savon qui volent au-dessus de leurs têtes.

Et puis, pouf, quelques secondes après, elles disparaissent.

Les petites planètes de savon en ont assez de rester rondes.

Les sphères transparentes sont rendues des trous noirs de rien.

Le vide.  Zéro. 

La seconde et l’heure sont graves.

Évidemment, la gravité de Newton gagne toujours. 

Encore et encore, tante Hélène recommence de plus belle.

Elle fabrique d’autres belles pommes et des soleils en savon.

Isabelle sautille et roule les yeux de nouveau dans ses orbites.

Il faut suivre les trajectoires de chaque orbite en plein Soleil.

Le compte repart et le conte aussi…

 

(Cliquez la photo pour voir la mimique des acteurs, ça vaut de l’or)

août 18, 2006

Notre cabanon tout neuf

Enregistré dans : Près de chez nous — J-P @ 7:30 pm

Après s’être fait attendre quelques semaines de plus que prévu, le voici notre nouveau cabanon tout neuf. Hélène, qui commence à porter son petit ventre de bébé, bébé aussi (je spécule…) et moi sommes ravis par son charme, son style normand, sa couleur et sa grandeur.  Dix-huit pieds de long par un bon huit pieds et demi de large… Youpi!  Je compare cette splendeur avec notre minuscule cabanon écrasé par un arbre dont je parlais dans ce billet et je souris.  On n’arrête pas le progrès.

Il va rester à boucher l’espace du bas afin d’éviter que les petites bêtes indésirables se fassent elles aussi un nouveau logis sous notre maisonnette hospitalière. Donc, en fin de semaine nous magasinerons des bordures quadrillées en plastique pour bloquer l’espace entre le sol et le pied de notre cabanon. Nous allons lui trouver des bas aérés, ça sent moins mauvais les petits pieds à l’air frais.

Puis, nous nous attaquerons à la peinture intérieure, l’aménagement des embarcations suspendues à l’intérieur, canot, kayaks, tondeuse, outils, pneus et tout le tralala. Tout cet espace peut se combler assez vite, mais nous allons essayer d’y aller intelligemment.  Alors, on se calme, pas question de le remplir à pleine capacité!  Des plans fous pour penser à faire une rallonge à notre tout nouveau cabanon à peine érigé sur ses pattes ;-)  Il ne faudra pas oublier l’électricité et les lumières intérieures et extérieures. Les installateurs reviendront lundi pour fixer le ventilateur de toit qu’ils n’avaient pas avec eux durant l’installation… Un gros merci à Hélène et Suzanne qui ont supervisé la construction du cabanon mardi passé pendant que j’étais aveugle à l’autre bout du téléphone, au bureau.

Une autre bonne nouvelle, la clôture pour isoler notre cour sera installée au début de la semaine avec un mois d’avance. Quel évènement, une entreprise qui prend de l’avance, c’est assez rare merci. Re-Youpi! Nous serons tous un peu plus en sécurité et à l’abri des personnes malveillantes et des fouineux du coin qui viennent jouer dans notre cour avec nos poubelles…

Voici les premières images du cabanon sous tous ses angles…

Cabanon DSCN1972 DSCN1969 DSCN1971

août 15, 2006

Alexandre Trudeau louange Castro et divague…

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 7:45 pm

Alexandre Trudeau a écrit un texte sur Fidel Castro paraissant dans La Presse en français ici et dans le Toronto Star en anglais ici.

L’ami Fidel. On dirait que ce texte est écrit par un garçon de douze ans. Castro, il est beau, il est bon, il est fin, il est fort et en plus c’était le bon ami de papa… Alexandre voudrait probablement béatifier le dictateur un coup parti, parce qu’il faisait de la plongée avec papa Pierre. Il raconte:

…Fidel vit en effet pour apprendre et pour mettre ses connaissances au service de la révolution qui, comme sa quête du savoir, ne s’achèvera jamais. La révolution, pour Fidel, est une oeuvre de la raison qui ne pourra que mener l’humanité vers une justice toujours plus grande, un ordre social toujours plus parfait.

…Mon père nous avait raconté, qu’une fois, il avait voulu faire de la plongée à Cuba et que Fidel l’avait amené au site le plus magique de l’île. Fidel lui avait fournit l’équipement et la bouteille, mais lui n’en faisait pas par contre. Mon père est donc descendu tout seul. Rendu à soixante pieds de profondeur, c’est alors qu’il a réalisé que Fidel était à côté de lui. Il s’y était rendu sans bouteille et, couteau à la main, il arrachait des oursins du fond de la mer en souriant. Une fois à la surface, Fidel et mon père ont dégusté les oursins crus avec un peu de jus de lime.

…Pour une génération à venir, les Cubains seront hantés par l’image d’une société qui n’a jamais existée et qui n’existera jamais, mais dont leur chef, le plus brillant et obsédé de tous, n’a jamais arrêté de croire qu’elle pouvait et devait exister. À quelque part, ils se sentiront toujours choyés, qu’eux, les Cubains, ont eu Fidel.

Je crois qu’Alexandre Trudeau divague et erre au plus haut point. À croire que les cubains vont regretter Castro! Croyez-vous sincèrement que les milliers de Cubains et les boat peoples cubains vont pleurer le départ de Fidel? On nage dans l’irréel. Le syndrome du prisonnier qui finit par aimer son geôlier, vous connaissez? Je ne pense pas que les cubains en soient atteints.

Comme le rapporte certains analystes, on peut admirer le miracle social cubain, les soins de santé gratuits, l’éducation pour tous. Tout cela est admirable. Mais Cuba est une dictature. Il faut le dire. Il faut le dénoncer. Il faut dire que les Cubains ne choisissent pas leurs dirigeants. Qu’ils ne lisent pas une presse libre. Qu’ils risquent la prison s’ils offensent, insultent ou questionnent la politique de l’État. Trudeau ose même comparer Castro à Nelson Mandela. C’est d’un manque de nuance stupéfiant. Au moins, Mandela a eu assez d’estime et de respect envers son peuple pour le laisser voter dans des élections libres. Ce que l’ami patriarche de la famille Trudeau n’a jamais fait.

Alexandre Trudeau a une opinion biaisée et même hallucinante. Peut-être a-t-il un peu trop fumé de cigares cubains. Ce texte surréaliste est franchement ridicule et insultant pour le peuple cubain!
Shame on you mister Trudeau!

août 14, 2006

Guerre du Liban pour préparer celle de l’Iran?

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 8:02 pm

Une enquête importante est parue hier dans The New Yorker par le journaliste Seymour Hersh. Selon ses sources, la guerre au Liban n’a été ni « imposée » ni « improvisée ». Elle a été longuement préparée par Israël et les États-Unis, et son objectif est de tester la meilleure stratégie pour frapper l’Iran et ses installations nucléaires. Le chat sort du sac.

J’ai été initialement surpris en entendant parler de cette analyse, mais quand je pense à la stratégie des américains pour faire la guerre contre l’Irak en utilisant le prétexte des armes de destruction massive qui n’ont jamais été trouvées, je trouve tout ceci très plausible. Les deux soldats israéliens n’étaient vraisemblablement qu’un prétexte lui aussi pour une opération longuement planifiée entre Israël et les USA. Aussi, le journaliste Hersh n’est pas un deux de pique, il a gagné un prix Pulitzer et d’autres distinctions dans sa carrière fructueuse. Lisez l’article à son sujet sur Wikipedia. Cette enquête substantielle et fouillée n’est pas à rejeter sans la prendre au sérieux.

Si vous ne prenez pas le temps de lire toute l’enquête, en voici des extraits:

…The Bush Administration, however, was closely involved in the planning of Israel’s retaliatory attacks. President Bush and Vice-President Dick Cheney were convinced, current and former intelligence and diplomatic officials told me, that a successful Israeli Air Force bombing campaign against Hezbollah’s heavily fortified underground-missile and command-and-control complexes in Lebanon could ease Israel’s security concerns and also serve as a prelude to a potential American preëmptive attack to destroy Iran’s nuclear installations, some of which are also buried deep underground.

…“The Israelis told us it would be a cheap war with many benefits,” a U.S. government consultant with close ties to Israel said. “Why oppose it? We’ll be able to hunt down and bomb missiles, tunnels, and bunkers from the air. It would be a demo for Iran.”

août 10, 2006

Bientôt tout nu dans les avions?

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 9:04 pm

À la suite du complot des explosifs liquides désamorcé aujourd’hui à Londres, quelques uns se demandent ici quand il deviendra nécessaire de voyager nu à bord des avions… Lorsqu’on y pense bien, les scientifiques-terroristes peuvent faire des bombes avec à peu près tout. Humoristique, mais pas bien loin de la réalité!

Soon air travel will require all clothes to be checked in, and you will not be allowed to take anything on board with you after submitting to the complimentary anal probing. Then someone will go and ruin it for everyone else by swallowing a brick of C4 and planting a contact switch in their teeth, and we’ll have to have our teeth pulled in the interests of security.

Une centaine d’infanticides par an au Québec

Enregistré dans : Actualité, Généralités, Podcast — J-P @ 6:14 pm

Je ne vous compte pas une blague et vous ne rêvez pas. Il se commet une centaine d’infanticides par année au Québec. C’est ce que le docteur Jean-François Chicoine a révélé au journaliste Normand Lester sur les ondes radio ce midi. Des bébés parfaitement viables après 8 ou 9 mois de grossesses sont tués dans des avortements plus que tardifs. En effet, à ce stade avancé de la grossesse, nous ne parlons pas vraiment d’avortement, mais plutôt de meurtre. Le plus choquant, ces infanticides sont cautionnés par le gouvernement du Québec et commis par une poignée de médecins dans un CLSC de Montréal!

Comment on tue ces enfants? Est-ce qu’on étouffe les bébés ou on leur donne une injection létale? Le docteur Chicoine ne sait pas et ne veut pas savoir comment ses confrères font ces actes, tellement il est dégoutté. Ce qui le déçoit amèrement est qu’il n’y a pas d’efforts faits par le système social pour s’occuper de ces mères troublées. Elles se rendent à ce moyen extrême “d’interruption de grossesse” si près de la naissance, au lieu de donner leur enfant en adoption, ce qui serait une alternative plus souhaitable à ces boucheries. Ces situations sont compliquées, mais il faudrait travailler plus fort pour sauver ces enfants et non les tuer.

Quel monde de fou, des centaines de parents québécois font des pieds et des mains pour aller adopter des enfants en Chine pendant qu’on tue des bébés viables à Montréal. Êtes-vous fiers de votre gouvernement? Allez-vous bien dormir ce soir?

Écoutez l’entrevue avec le docteur Chicoine:

Vous pouvez télécharger le fichier audio ici.

Au sujet des avortement tardifs, ce texte de Gilles Guénette, écrit en 2004, éclaire sur cette pratique. Voici un extrait:

Si le Québec envoie ses « patientes » aux États-Unis, ce n’est pas parce que les avortements tardifs (24 semaines et +) sont illégaux dans la Belle Province, mais parce qu’aucun médecin ici n’est en mesure d’offrir le service. « [N]ous en sommes rendus à pouvoir faire des avortements à 23 semaines, d’expliquer Claude Paquin de la clinique médicale Fémina, un établissement privé de Montréal qui se spécialise dans les avortements. Ça prend du courage(2) et de bonnes habiletés techniques pour faire ça. »

Au Canada, il n’y a pas de limite de semaines pour pratiquer un avortement, à la condition qu’il n’y ait pas de « naissance vivante ». Techniquement, une femme peut se faire avorter le jour de son accouchement. Tout ce dont elle a besoin, c’est d’un courageux médecin prêt à le faire. Mais même le père de l’avortement libre et gratuit au Canada, le Dr Henry Morgentaler, se dit mal à l’aise à l’idée d’interrompre une grossesse ayant dépassé le cap des 22 semaines: « Nous n’avortons pas des bébés, nous avortons des foetus, avant qu’ils ne deviennent des bébés. »

Qu’à cela ne tienne, une porte-parole du ministre de la Santé, Philippe Couillard, annonçait le 11 septembre dernier qu’un médecin spécialiste était présentement en formation (en ajoutant qu’« on ne refera pas le débat sur le droit à l’avortement »). Les Québécoises enceintes de plus de six mois n’auront donc plus à s’exiler aux États-Unis pour interrompre leur grossesse. Une excellente nouvelle pour la désormais célèbre Chantal Daigle(3) qui estime qu’il ne devrait pas y avoir de limite de temps pour recourir à l’avortement.

À un stade de 26 semaines, neuf foetus sur dix peuvent survivre à l’extérieur du sein de leur mère, leurs yeux sont partiellement ouverts et ils distinguent la lumière. « Il est rare, d’ajouter la journaliste de La Presse, qu’une femme attende aussi longtemps avant de subir un avortement, mais ce sont souvent les mêmes qui se retrouvent dans cette catégorie: les malchanceuses et les ambivalentes qui n’arrivent pas à se décider. »

août 9, 2006

Coincée dans la ville de Tyr

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 7:43 pm

J’ai lu aujourd’hui un article émouvant de Michèle Ouimet, cette journaliste de chez nous, qui se trouve coincée dans le feu de l’action à Tyr au Liban. Comme elle le racontait dans son article d’hier, la ville est coupée du monde sous le feu des israéliens. Notre journaliste ne peut même pas fuir Tyr, puisque les véhicules qui osent bouger sont la cible des missiles israéliens! On ressent dans le texte l’inquiétude et le désarroi d’une âme traquée.

Bonne chance à notre québécoise qui se trouve dans de beaux draps. Je souhaite qu’elle réussisse à quitter cet enfer rapidement car sa situation doit être assez dure pour les nerfs. Je reproduis l’article ici:

JOUR 28
Le temps s’est arrêté à Tyr
Michèle Ouimet

La Presse
Tyr

Partie pour quelques heures à Tyr, notre envoyée spéciale est coincée depuis trois jours dans la plus grande ville du sud du Liban. L’armée israélienne a largué des tracts sur la ville qui annonçaient que tout véhicule sortant de Tyr serait pris pour cible. Dans une correspondance plus personnelle qu’à l’accoutumée, elle raconte aujourd’hui le quotidien bouleversé des habitants d’une ville assiégée qui retient son souffle.

Je pensais dormir une nuit à Tyr. J’y suis encore après trois nuits. La ville est complètement isolée, coupée du monde. Dans la nuit de dimanche à lundi, Israël a bombardé la route qui relie la capitale, Beyrouth, à Tyr, la grande ville du Sud.

J’ai quitté Beyrouth à l’aube, dimanche, pour me diriger vers Tyr, avec un pantalon et deux chandails. On voyage léger dans un pays en guerre. Mais j’ai sous-estimé la détermination d’Israël qui veut écraser la milice armée chiite du Hezbollah qui se concentre dans le Sud.

Impossible d’aller à Beyrouth. À cinq kilomètres au nord de la ville, la route qui mène à la capitale est salement endommagée. Impossible aussi de sortir de Tyr. Trop dangereux. Depuis plusieurs jours, Israël bombarde furieusement les villages environnants et la banlieue de Tyr.

Le siège continue et l’isolement de Tyr s’accentue. Hier, Israël a lancé des tracts sur la ville, avertissant les habitants de ne pas sortir de Tyr. Même les mouvements dans la ville sont dangereux. « Tout véhicule est suspect », précise le tract. Il peut donc être pulvérisé par un missile.

«C’est insensé, tout mouvement est interdit, s’indigne le porte-parole de la Croix-Rouge, Roland Huguenin. Les gens ne peuvent pas rester cloués chez eux pendant des jours. Et s’il y avait une urgence? On ne peut pas paralyser une ville comme ça! Pourquoi cette escalade et combien de temps va-t-elle durer?»

Israël a le dernier mot avec ses puissants missiles. Alors on attend. Tout le monde attend: les 65 000 habitants de Tyr qui n’ont pas encore pris la fuite, les organisations non gouvernementales (ONG), comme la Croix-Rouge et l’ONU, et les 150 à 200 journalistes éparpillés dans la ville. Le temps est suspendu, l’ennui s’installe. Que faire dans une ville paralysée où tous les commerces sont fermés?

Les habitants se terrent et entendent, du fond de leur maison, le bruit des bombes qui se rapprochent. Tyr est encerclée. Au loin, on aperçoit les colonnes de fumée provoquées par les missiles de l’armée israélienne. Il y a très peu de voitures qui se baladent à Tyr. Hier, elles étaient encore plus rares. Les déchets, par contre, s’accumulent et dégagent des relents nauséabonds. Ils macèrent au coin des rues, sous une chaleur frisant les 40 degrés.

Je me surprends à économiser le papier. Je n’ai qu’un calepin de notes et j’écris de plus en plus petit. Où pourrai-je acheter du papier lorsque mon carnet sera archiplein? Je veille aussi jalousement sur mon ordinateur, malmené par les routes cahoteuses, la poussière et la chaleur. Dès qu’il émet un bip inquiétant, je sursaute et je me penche sur lui, essayant d’ausculter ses sautes d’humeur.

Je couche chez des chrétiens de la vieille ville qui nous louent des chambres minuscules à un prix d’or: 50US par personne. Je vis dans un quartier chrétien car les Israéliens visent surtout les musulmans chiites. On se sent relativement à l’abri dans les ruelles étroites de Tyr où s’alignent les vieilles maisons en rangs serrés. Les venelles sont calmes, car elles sont trop étroites pour laisser passer les autos.

On retrouve des choses parfois étonnantes dans ces ruelles qui s’enfoncent dans la vieille ville, comme si la guerre avait suspendu son vol. De gros pots de fleurs garnissent parfois le palier des maisons, des chats s’étirent au soleil, des vieux jouent aux cartes ou du café fume sur une petite table plantée à l’ombre des murs.

Mais derrière cette apparente tranquillité, la guerre fait des ravages. Les gens ont faim, ils sont anxieux, inquiets et ils n’ont pas d’argent.

Sortir de Tyr
Hier, seule la Croix-Rouge a obtenu un feu vert d’Israël et a pu ravitailler un village au sud de Tyr. Deux autres voitures ont poussé du côté de la route défoncée par les bombes israéliennes pour évaluer l’étendue des dégâts. Les trous creusés par les obus doivent être rapidement remblayés pour reconnecter la ville au reste du pays.

Toute la journée, les informations contradictoires ont fusé: on répare, on ne répare pas. Les ouvriers ont finalement commencé les travaux sous la supervision de la Croix-Rouge qui leur a apporté une relative protection contre les missiles.

Hier matin, j’ai rencontré des journalistes français qui veulent quitter Tyr avant que la situation ne se dégrade davantage. On devait partir ensemble, en convoi. Mais on a passé la journée à changer d’idée. On part, on ne part pas, on part, on ne part pas.

Nous restons finalement à Tyr: ça ne passe pas. La route n’est pas réparée, les travaux risquent d’être longs parce que les dégâts sont importants. Pas évident de remblayer un chemin quand les obus peuvent vous tomber sur la tête à tout moment.

La route sera peut-être réparée aujourd’hui. Israël diminuera peut-être l’intensité de ses tirs de missiles. Et je sortirai peut-être de Tyr. Peut-être, peut-être. Si Dieu le veut! comme disent les musulmans. Inch Allah!

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