Sur la piste de J-P

octobre 31, 2006

Les petits personnages de l’Halloween

Enregistré dans : Généralités, Photographie — J-P @ 7:48 pm

 

C’est le soir de l’Halloween et, comme il ne pleut pas, les petits enfants passent en grand nombre pour récolter leurs bonbons. Bien entendu, à notre grand plaisir, la citrouille invitante d’Hélène les attire chez nous comme des mouches.  La sonnette de la porte d’entrée ne retentira pas autant de fois dans une seule soirée jusqu’au prochain mois d’octobre. 

Je vous laisse sur ces photos de nos petits visiteurs costumés.  HOOUUU!  HOOUUU!  Je frissonne encore de peur même si les petits démons ont plutôt un large sourire très sympathique…

Halloween 2006 2006 Halloween

octobre 25, 2006

Trinidad et ses environs

Enregistré dans : Panoramique, Photographie, Voyage — J-P @ 7:58 pm

Nous étions dans la ville de Trinidad à Cuba, en début d’année. Trinidad est belle et ses couleurs pastel et vivantes explosent sous le Soleil. Ses habitants vivent dans la simplicité et la pauvreté. Ils recherchent l’attention des touristes qui peuvent leur refiler des objets ou quelques pesos. Ils ne sont pas riches les cubains de Castro! Il y a aussi les voitures américaines typiques des années soixante qui ne vieillissent pas. J’ai pris cette image panoramique lors d’une petite excursion guidée dans la ville. La version massive en haute résolution de l’image (10582 x 1600 pixels) est ici.


La Plazza Major et ses immeubles historiques qui l’entoure est le coeur de la ville.

Nous avons fait une magnifique excursion dans la nature et les montagnes de Cuba. Ici, nous sommes dans le parc Parque Guanayara situé un peu à l’extérieur de Trinidad. Notre guide avait peint sur mon visage des lignes rouges avec des extraits d’une plante que les cubains utilisent pour faire de la teinture (cliquez sur les images pour les agrandir). Puis, au bout de notre randonnée, cette chute était magnifique et l’arc-en-ciel était au rendez-vous.

octobre 22, 2006

Aménagement du cabanon: suite et fin

Enregistré dans : Généralités, Photographie — J-P @ 1:03 pm

 
Le cabanon est prêt pour l’hiver

L’aménagement de notre cabanon est maintenant complété pour cette année. Le toit du cabanon est près à recevoir ses premières neiges. Il va rester l’électricité à faire, mais ce sera pour 2007.

Hélène est infiniment (le mot n’est pas trop fort) heureuse que son canot et nos kayaks soient suspendus convenablement dans le cabanon.  Les embarcations n’auront plus à coucher dehors le long de la maison dans la poussière et aux yeux de promeneurs inquisiteurs.  Je crois qu’on peut facilement le lire sur son sourire dans ces images. Je suis bien fier moi aussi de notre montage et d’avoir enfin complété ce beau petit projet. 

Il reste beaucoup d’espace de rangement dans les étagères et j’ai enfin pu libérer le garage de ma mère qui était encombré par mes pneus d’auto.  Ainsi, je n’aurai plus à devoir entrer du nouveau stock chez elle, comme il se doit dans l’ordre des choses de la vie et j’en suis bien heureux.  Il n’y aura plus de “flot entrant” de matériel chez elle, seulement un “flot sortant” et je sais que ce sera bon pour nos santés mentales respectives…

Notre méthode de fixation est pas mal solide.

DSCN2016 Cabanon Rangement du cabanon 

Il s’agit de trois poutres de 4″ x 4″ de huit pieds supportées par les murs du cabanon, quelques mousquetons, des chaines et des vis en oueillet. D’autres images:

 
Hélène après l’installation des bateaux

Hélène et le cabanon  Suspension des bateaux
et la petite histoire des débuts de l’installation…
 

Les doigts verts du géant aux pieds de mousse

Enregistré dans : Photographie — J-P @ 5:41 am

Haut perché comme le corbeau, j’avais une vue splendide.
Il n’y avait pas de renard en vue et je n’avais pas de fromage à laisser tomber…

Parmi les feuilles d’érable qui sont tombées, la mousse couvre les racines de cet arbre.
Un géant aux pieds de mousse. Forêt de St-Paulin en Mauricie.

Détails techniques.

octobre 21, 2006

Derrière et devant la caméra

Enregistré dans : Photographie, Voyage — J-P @ 8:56 pm


Jean-Pierre aux chutes de Ste-Ursule en Mauricie

Il est rare que je me fasse prendre en photo. Alors là c’est encore plus rare de m’apercevoir lorsque je fais moi-même de la photo. En y réfléchissant, j’ai toujours eu beaucoup plus d’attrait à être derrière la caméra que devant. Ceci date de ma petite et tendre enfance. Maman raconte souvent qu’il parait que lorsque j’avais trois ans, j’ai eu la brillante idée de cacher mes beaux souliers de petit monsieur pour ne pas aller chez le photographe…

Pourtant, je dois bien à l’occasion passer par là moi aussi et me faire “figer” pour la postérité!  Il est temps que je passe au cash !

Je me reprends donc ici puisque mon épouse s’est chargée de photographier le photographe en action alors que nous étions en Mauricie. Les clics, clics ne venaient pas que de mon appareil. À croire qu’elle se découvre un goût pour la photo elle aussi. En tout cas, Hélène, tu cadres bien tes images.

Voici maintenant le tour de l’arroseur arrosé, pardons, du photographe photographié. Je me montre la binette en surdose dans ce billet pour le bien de la cause, pour mes proches et pour ma famille, puis, allons donc, un petit peu pour la photographie aussi. Avec toutes ces photos de moi, je devrais être bon pour un bout de temps, comme on dit, sans trop me faire achaler et sans sentir le besoin de m’afficher de nouveau… Allez, Go, on tapisse les murs avec JP!

Sur le trottoir de bois du Baluchon, St-Paulin
Sur le trottoir du Baluchon à St-Paulin

Jean-Pierre aux chutes de Ste-Ursule
Sur la petite passerelle surplombant la rivière Maskinongé à Ste-Ursule

 Ste-Ursule

Puis, un coup parti, pourquoi pas une de mes dernières photos de célibataire le jour de mon mariage? Pour une fois que je me suis “grimmé”, il faut en profiter…

octobre 20, 2006

Les filles dans les griffes des gangs de rue

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 9:27 pm

Pas de quoi jubiler aujourd’hui en lisant les reportages dans les journaux sur les filles qui se font attraper par les gangs de rue de Montréal. Cet article de La Presse raconte l’esclavage sexuel d’une jeune fille d’à peine 13 ans qui est tombée dans cet enfer. Est-ce qu’on peut aller plus loin que ça dans la déchéance? Je ne peux l’imaginer. Ces histoires feraient pâlir les auteurs des grandes tragédies grecques sur l’échelle de l’horreur.

Il y a aussi cette Lune de miel cauchemardesque que vit une autre fille de 13 ans qui se fait passer dessus par tout les gars de la gang avant d’être livrée en pâture à la prostitution. Assez dégoutant merci, tant de petites vies gâchées! Le plus enrageant est que tout celà se passe à côté de chez nous.

À vous de juger en lisant ce texte:

L’esclave sexuelle
Katia Gagnon
Émilie Côté

Qui sont-elles? Que font-elles? Trois portraits, trois histoires réelles, où nous avons cependant changé les noms des filles pour leur propre sécurité, vous permettent de comprendre un peu mieux le rôle des filles de gang.

À 13 ans, Sonia était tout un pétard. Cheveux blond platine qui descendaient jusqu’aux fesses. Petit corps de femme en devenir moulé dans des jupes ultracourtes et des hauts révélateurs. Pas étonnant qu’elle ait été repérée par les gangs et recrutée à l’aide du plus vieux truc du monde: l’amour.

Elle sort avec Bernie depuis plusieurs semaines, quand, un matin, il lui propose d’aller visiter des appartements. Elle refuse. Bernie et ses amis ont alors recours à une autre méthode. “Il m’a pognée par les cheveux, rentre dans le char.” À son arrivée à “l’appartement”, une piaule sale, remplie de monde, avec la télé à fond la caisse, elle voit bien que quelque chose cloche.

“Ils m’ont donné un joint, m’ont fait asseoir à la table de la cuisine et m’ont expliqué comment ça allait se passer”, dit-elle. “Ça”, c’était son nouveau job. Prostituée. Ou escorte, pour les âmes sensibles.

On lui donne des fausses cartes, elle s’appelle désormais Sheila. On lui teint les cheveux en noir. On l’habille, on la maquille. Et on l’envoie dans une limousine. Le chauffeur l’emmène “faire” son premier client.

Pendant six mois, c’est ça, sa vie. Elle est dans une limousine et elle attend les “calls”. Il y a un call, on sniffe une petite ligne, et on y va. Elle se fait baiser par toutes sortes d’hommes. Des jeunes, des vieux, des beaux, des laids. Des hommes d’affaires en goguette. Des petits couples de banlieue qui veulent essayer un “trip à trois”. Bernie et sa bande, “quand ils filent gentils”, lui laissent parfois quelques heures pour dormir.

Mais un soir, elle fait sa délinquante. Elle passe la nuit à faire de la poudre avec son chauffeur plutôt que de répondre aux appels. Elle n’a pas fait un sou. La sanction est sévère. On l’enferme, toute nue, dans une salle de bains sans lumière. Elle y passe 24 heures. Perd totalement la notion du temps et de l’espace. En sortant, il y a des gars. Étaient-ils sept, 10 ou 11, elle ne s’en souvient plus. Ce dont elle se souvient par contre, c’est qu’ils l’ont violée. L’un après l’autre.

La police la retrouve, un beau matin, dans un motel de passe, la veille d’un grand départ pour Toronto. Le petit pétard est maigre comme un clou, cerné jusqu’aux joues. Elle a une MTS. Ah! et aussi, elle est enceinte. De père inconnu.

octobre 19, 2006

Le problème des enfants “manipulateurs-explosifs”

Enregistré dans : Généralités, Podcast — J-P @ 8:39 pm

Après la leçon d’histoire de mon ancien prof d’histoire, je reste aujourd’hui dans le domaine des extraits audio. Je traite ici d’un phénomène qui a pris de l’expansion durant les dernières années au Québec selon plusieurs spécialistes, celui des enfants “explosifs”. Rassurez-vous, les enfants explosifs ne se transforment pas littéralement en kamikazes ou en bombes humaines. Il ne manquerait que ça, avoir des petits bouts-de-chou terroristes…

Ainsi, il n’y a pas que l’échec bureaucratique de nos réformes scolaires qui nuit à l’éducation de nos petits enfants. Selon plusieurs professeurs, de plus en plus d’enfants ont tendance à être violent, donner des coups, mordre leurs camarades ou leur professeur. En classe, lorsque le professeur demande à cet enfant quelque chose de banal, l’enfant contrarié refuse et se met à crier. Il devient frustré, puis à la longue son rendement scolaire chute. Il peut se jetter à terre et essaie de se faire vomir pour essayer de manipuler le professeur! Ces enfants finissent par se faire expulser de leur classe et perturbent l’apprentissage de tout le groupe. Le problème devient alors très sérieux, surtout lorsque les cas se multiplient et que le climat de la classe ne favorise pas l’apprentissage.

Une enseignante, interviewée à la radio par Paul Arcand, fait état de ce phénomène de plus en plus fréquent parmi les enfants d’âge préscolaire et du primaire. Le noeud du problème découle d’un laisser-aller des enfants à la maison et d’un manque de discipline des parents. Il y a là une lacune d’encadrement familial importante par des parents beaucoup trop permissifs et qui ne refusent rien à leurs petits. L’enseignante mentionne que la plupart du temps les parents nient ce problème de comportement lorsqu’ils sont confrontés par les professeurs. Mais il arrive un temps où ils se rendent à l’évidence que le problème a pris racine dans leur propre foyer.

L’enfant à qui l’on ne refuse rien à la maison en bas âge ne comprend pas qu’il y a des limites dans la vie en société. Il n’a pas l’habitude de se faire contrarier, il finit par exploser en classe et rend la vie infernale aux à ses camarades et aux professeurs. Ceci crée un impact direct sur la qualité d’enseignement et sur son propre développement. S’il est roi à la maison, il s’aperçoit qu’il n’est pas le roi dans la société et le choc est brutal. Le petit manipulateur qui manipule ses parents essaie de manipuler ses camarades ou ses professeurs.

Le commentaire de l’enseignante est troublant. Auparavant, il y avait un ou deux enfants explosifs dans une école. Aujourd’hui, il est courant d’en avoir deux ou trois par classe!

Écoutez l’enseignante Marie-Claude Tremblay en entrevue avec Paul Arcand:

Vous pouvez télécharger le fichier audio ici.

Sans revenir à l’époque où le directeur faisait trembler les petits enfants de peur, il faudrait tout de même corriger la situation. C’est avant tout aux parents de mettre des balises et d’encadrer les enfants avec un peu plus de discipline. Un enfant en bas âge ne peut décider par lui même ce qui est bon pour lui, tout comme il n’est pas assez avancé pour faire lui-même les règles du jeu de son évolution. Il n’est pas encore rendu au stade de comprendre les règles du jeu de son apprentissage et de tout décider dans sa vie. Selon ces enquêtes sur le phénomène, beaucoup de parents qui sont en train de fabriquer des enfants-roi et qui peuvent devenir des “enfants explosifs” devraient bien réaliser qu’ils rendent de bien mauvais services à leurs enfants. Ces experts se rejoignent tous en affirmant que les parents devraient prendre leur rôle de tuteur plus à coeur parce que la recette des enfants qui élèvent leurs parents est loin d’être une garantie de succès.

Surtout qu’aujourd’hui, avec les familles éclatées, un enfant a le risque d’avoir deux ou quatre parents et encore plus de grands-parents. Autrefois, les parents avaient plusieurs enfants. Aujourd’hui, les enfants ont plusieurs parents. De là à inverser les rôles, il n’y avait qu’un pas n’est-ce pas? Mais ça fait beaucoup de parents à éduquer pour un petit enfant! On se rend compte que la bonne vieille recette des parents qui devraient élever les enfants est pas mal plus efficace. Hum, est-ce que l’homme a évolué à ce point en 2006 pour faire cette brillante découverte pourrait-on demander avec ironie? :-)

Enfin, c’est aussi le constat de Pierre St-Germain, président de l’association des professeurs de Montréal. Écoutez l’entrevue qu’il a donnée sur la chaine radio de Radio-Canada:

Vous pouvez télécharger le fichier audio ici.

octobre 17, 2006

Une leçon sur la Corée

Enregistré dans : Généralités, Podcast — J-P @ 7:24 pm

Lorsque j’étais en secondaire cinq, j’ai eu la chance d’avoir été l’élève d’un professeur d’histoire mondiale passionné et très compétent. André Champagne est le genre de professeur qui sait vendre et transmettre sa matière aux étudiants. Il est aujourd’hui toujours professeur d’histoire et fait des chroniques d’histoire à la radio les fins de semaine à l’émission Pourquoi pas Dimanche de Joël Le Bigot sur la première chaine de Radio-Canada.

La semaine passée, il a servi une chronique captivante pour expliquer les grandes lignes de l’histoire de la Corée dont on entend beaucoup parler actuellement suite aux essais nucléaires menés par le dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong-il. Tout un méchant moineau que ce dictateur communiste qui donne des frousses aux plus grands de ce monde!

Le fait d’entendre mon ancien professeur me fait reculer dans le temps, comme si j’entendais une autre de ses fascinantes leçons d’histoire. Si vous n’avez jamais vu le personnage, sachez qu’il possède de grands yeux noirs qu’il ouvre presque démesurément au rythme de son discours passionné. L’effet des yeux à la Jean-Luc Mongrain était saisissant. J’avais aussi un professeur de français qui passait quinze minutes debout sur une jambe et quinze minutes sur l’autre en alternance. Nous l’appelions le flamand rose, mais ceci est une autre histoire…

Pour de l’histoire authentique, écoutez la leçon d’histoire d’André Champagne sur la Corée (5 minutes):

Vous pouvez télécharger le fichier audio ici.

octobre 16, 2006

La forêt et les arbres morts en croix

Enregistré dans : Photographie — J-P @ 7:52 pm


Des arbres morts en croix et quelques feuilles d’érable se détachent sur le tapis de conifères de la forêt de St-Paulin.

Cette scène en forêt m’a immobilisé pendant une bonne dizaine de minutes, le temps de sortir mon attirail de photo pour faire cette composition. D’abord, c’est l’intersection des troncs d’arbres morts qui m’a saisi. Les deux arbres morts en croix, les conifères nains et la touche de couleur d’automne des érables m’ont envoyé des signaux précis comme s’ils me demandaient de se faire prendre en photo. La beauté se cache souvent lorsque la nature est croche, asymétrique et loin d’être parfaite. La mission que je me suis donné à ce moment-là était de rendre justice aux détails des arbres et à leur asymétrie. Cliquez sur l’image pour le plein format.

2 octobre, 17h38, j’ai installé le trépied et utilisé le zoom grand angle 10-22mm à 15mm, exposition de 1/6 sec. à F5.6. Détails techniques.


La chute de Ste-Ursule et les couleurs d’automne.

octobre 15, 2006

Au fait, pourquoi une commission?

Enregistré dans : Politique — J-P @ 6:41 am

Michel C. Auger lance un autre point de vue captivant sur la commission Johnson dans cette analyse rédigée le 4 octobre. Au fait, pourquoi le gouvernement fait une commission sur l’effondrement du viaduc de la Concorde? Est-ce vraiment le bon moyen d’agir dans ce cas-ci? Je reproduis ici sa chronique.

Si j’étais Pierre Marc Johnson, j’aurais vite refusé l’invitation qui m’était faite de présider une commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval. Pas à cause des objections des partis d’opposition, mais parce que le gouvernement semble bien pressé de lui mettre des mots dans la bouche.

«Nous allons faire la démonstration que la population est en sécurité sur les routes du Québec», déclarait, hier, le ministre des Transports, Michel Després. C’est à se demander pourquoi on a besoin d’une commission d’enquête si le ministre responsable a déjà tiré ses conclusions.

On comprend que M. Després et le gouvernement ont besoin de rassurer le public ces jours-ci. Mais on ne peut, en même temps, ordonner une enquête pour savoir comment une telle tragédie a pu survenir et décréter qu’il n’y a rien à craindre.

En fait, on peut s’interroger sur l’opportunité d’une enquête publique en bonne et due forme, tant le mandat qui a été donné à M. Johnson est limité. On n’avait nul besoin de déranger autant de monde simplement pour trouver la raison de l’effondrement du viaduc.

Le gouvernement aurait pu faire confiance à ses propres experts sur ces questions : le nombre d’hypothèses a déjà été réduit considérablement et, dans quelques heures ou quelques jours tout au plus, le ministère des Transports devrait avoir déterminé une cause probable. Comme ce sont les mêmes experts qui sont en train d’examiner le reste du réseau, toute la société a intérêt à ce qu’ils soient crédibles.

Si on doute de leurs conclusions dans le cas du viaduc de Laval, on n’a qu’à engager un expert indépendant et à publier son rapport. C’est sans doute ce que fera la Commission Johnson, mais à un coût plus élevé et avec des délais plus importants.

Dans ce sens, il y a beaucoup de vrai dans ce que disait Mario Dumont : quand on gratte, on voit qu’il y a beaucoup de politique dans les motivations du gouvernement. Très vite, on en arrive à la volonté du gouvernement de mettre le couvercle sur le dossier, surtout si on veut garder ouverte la possibilité d’élections à l’automne.

On comprend aussi qu’en attendant, le ministre sera bien soulagé de pouvoir répondre à l’Assemblée nationale qu’il faut attendre les conclusions de la commission en qui l’opposition doit avoir confiance puisqu’elle a été confiée à un de ses anciens chefs.

Ça n’enlève rien aux capacités de M. Johnson, mais la motivation politique du gouvernement est trop transparente pour qu’on puisse la passer sous silence.

Comme des objections ont été soulevées sur la présence de M. Johnson, on lui a adjoint deux commissaires : Roger Nicolet, le «Monsieur Commission» de l’ancien gouvernement péquiste et Armand Couture, l’ancien patron d’Hydro-Québec. Ça commence à faire beaucoup pour une Commission dont le mandat n’est pas supposé dépasser les circonstances de l’effondrement d’un viaduc.

On se retrouve avec autant de commissaires que la désormais célèbre Commission Cliche, pour un mandat qui aurait pu être rempli par un simple coroner. Il y a quelque chose de disproportionné dans tout ça.

À moins, bien sûr, que le gouvernement ne s’attende à devoir élargir ce mandat en cours de route? En entrevue à Radio-Canada, hier, M. Johnson affirmait que si, dans l’analyse des causes de la tragédie de Laval, il devenait nécessaire d’examiner les processus en vigueur au ministère des Transports ou la gestion de celui-ci «il est évident qu’on poussera notre enquête jusque là».

Bref, on se retrouve avec une commission à mandat variable qui, avec le temps, pourrait étendre ses travaux à d’autres domaines, comme l’entretien du réseau autoroutier ou les méthodes de construction utilisées.

Or, l’histoire récente nous démontre qu’une fois créées, les commissions d’enquête ont tendance à élargir leur mandat plutôt que de le limiter et à prendre plus de temps que ce qui était prévu pour remplir leur mandat.

Le danger, à l’approche d’une élection, c’est qu’en élargissant son champ d’action, la Commission Johnson serve d’excuse facile aux politiciens pour à soustraire au débat public toute une série d’enjeux qui devraient justement être discutés pendant une campagne électorale. Comme le mandat de M. Johnson se termine le 31 mars 2007, il pourrait couvrir une éventuelle campagne électorale au printemps prochain.

Par exemple, si la commission d’enquête en vient à étudier l’entretien du réseau routier, cela touchera nécessairement la question de la construction de nouvelles routes : les budgets ne sont pas illimités et que les sommes que l’on consacre à de nouvelles autoroutes viennent de la même enveloppe et affecteront, directement ou indirectement, les sommes consacrées à l’entretien.

Voilà des questions qui doivent relever de la sphère politique et il serait bien malheureux si l’existence même de la Commission Johnson permettait aux politiciens d’escamoter des débats aussi importants.

octobre 13, 2006

Rumeur sur un politicien?

Enregistré dans : Politique — J-P @ 9:51 pm

Vous vous rappelez de la gaffe de cette lectrice de nouvelles qui avait terminé son bulletin en affirmant que l’ancien premier ministre Bourassa était mort du sida? La station de télévision s’était excusée peu après.

Cette bourde n’est peut-être pas si innocente qu’on pourrait le soupçonner. La rumeur vient de différents journalistes, de certains historiens et de professeurs selon le chroniqueur Richard Martineau. Fumisterie ou terrible secret? La rumeur court et l’histoire risque de faire des vagues, tout comme elle pourrait mourir à jamais. Un extrait du texte:

…Après tout, le sida est encore une maladie taboue, honteuse, mal comprise. Savoir qu’un politicien respecté a succombé des suites de cette maladie (si la rumeur s’avérait fondée) pourrait radicalement transformer notre vision de celle-ci. Ça permettrait de sortir cette maladie du placard de la honte, du ghetto, des préjugés.

Vous me direz qu’un politicien a droit à sa vie privée, même mort. Je veux bien. Mais un politicien n’est pas un citoyen ordinaire! Ce n’est pas Joe Blow! Si les médias n’éprouvent aucun problème à dire que René Lévesque battait sa femme vers la fin de sa vie, pourquoi diantre éprouveraient-ils des problèmes à dire qu’un politicien est mort du sida? Vous ne trouvez pas que c’est mauditement plus important, socialement parlant?

D’autant plus que cette rumeur n’est pas alimentée par une bande de conspirationnistes disjonctés qui passent leurs journées devant leur ordi, mais par des journalistes sérieux, des historiens, des professeurs, qui me l’ont chuchoté maintes fois à l’oreille.

Bizarre que les journaux n’en parlent pas, non? Ne serait-ce que pour la démentir, pour la réfuter, pour l’enterrer une bonne fois pour toutes.

Alors je repose ma question: à quel moment une rumeur mérite-t-elle qu’on s’y attarde sérieusement?

La commission Johnson en arrache

Enregistré dans : Politique — J-P @ 8:31 pm

J’ai lu un commentaire très intéressant d’Yves Boisvert aujourd’hui dans La Presse qu’il intitule: Pierre Marc Johnson n’est pas à sa place. J’y apprends que Johnson vient même de terminer un mandat comme avocat du gouvernement. Il faudrait maintenant qu’il soit prêt à blâmer son dernier employeur. Il est dommage que la chronique ne soit pas publiée sur le site internet de La Presse, mais en voici un extrait:

… M. Johnson est non seulement un ancien premier ministre, ce qui n’est évidemment pas une tare, mais également un avocat du gouvernement du Québec dans le dossier du bois d’oeuvre. Dossier clos récemment, certes, mais qui a fait de lui l’avocat de ce gouvernement. Rien de mal là non plus. Mais simplement, le travail de commissaire dans une tâche qui met en cause la responsabilité du gouvernement du Québec vient d’être donnée à un avocat qui avait un dossier juridique et politique majeur avec ce même gouvernement, mais en tant que client.

Il traite aussi du concept d’apparence d’impartialité qu’il est nécessaire de respecter pour que la commission valle quelque chose et soit perçue comme étant solide par l’opinion publique. Je trouve son argumentation tout à fait logique. Tout comme la justice et “l’apparence de justice” qui doivent être au rendez-vous dans le monde judiciaire, “l’apparence d’impartialité” est essentielle pour qu’une commission soit crédible.

Dans le dossier du viaduc de Laval, il y a tout simplement trop de possibilités de conflits d’intérêts avec Johnson et Armand couture. On rapporte dans un autre article du journal:

Dernière révélation à retenir: le fils d’Armand Couture, membre de la commission d’enquête, est ingénieur chez Dessau-Soprin, une firme qui sera appelée à témoigner sur la construction du viaduc devant cette même commission. Armand Couture, lui-même ingénieur, a dit à La Presse hier que c’était un fait « bien connu « que son fils Luc travaille chez Dessau-Soprin, une société dont le siège social est à Laval. Luc Couture est ingénieur en circulation, un secteur qui n’est pas lié à la construction.

… Par ailleurs, Pierre Marc Johnson a siégé au conseil d’administration de Lavalin, puis de SNC-Lavalin, entre 1990 et 1998. Pour sa part, Armand Couture en a été l’un des principaux dirigeants pendant une vingtaine d’années. Cette grande firme d’ingénieurs est partenaire de Dessau-Soprin dans plus d’un projet. Elles sont notamment membres d’un consortium qui veut réaliser le projet en partenariat public-privé du pont de l’autoroute 25, entre Montréal et Laval.

Quand il été nommé président de la commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc, Pierre Marc Johnson a également pris congé du conseil d’administration de Ciment Saint-Laurent. En 1996 (avant l’arrivée de M. Johnson à son conseil d’administration), Ciment Saint-Laurent a été condamnée à une amende de 5,8 millions de dollars par le Bureau de la concurrence du Canada conjointement avec Ciment Québec et d’autres cimentiers pour avoir fixé les prix du béton à Québec et dans la région.

Or, Ciment Québec pourrait aussi être appelée à témoigner devant la commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc. C’est en effet une de ses filiales, Prud’homme et frères, qui a coulé le béton du viaduc en 1968.

La formation de cette commission s’est réalisée presqu’aussi vite qu’a duré le funeste accident. La poussière était à peine retombée. Ceci permettait au gouvernement de ne pas avoir à faire de commentaires hâtifs. Outre les critiques de l’opposition au gouvernement libéral par les chefs Dumont et Boisclair, Yves Boisvert est d’avis qu’il eut été plus judicieux de nommer un personnage plus neutre comme un juge ou bien le coroner en chef du Québec à la tête de la commission pour que ses conclusions soient acceptées plus aisément par la population.

Avec Johnson, Couture et les liens qui ne cessent de sortir entre eux et le monde de la construction, l’industrie du ciment et le gouvernement, il y a trop de possibilités que la commission ne soit pas entièrement impartiale en apparence et prête plus facilement flanc à la critique.

C’est donc un épineux problème dans ce dossier chaud. Une affaire à suivre.

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