Sur la piste de J-P

octobre 13, 2006

Rumeur sur un politicien?

Enregistré dans : Politique — J-P @ 9:51 pm

Vous vous rappelez de la gaffe de cette lectrice de nouvelles qui avait terminé son bulletin en affirmant que l’ancien premier ministre Bourassa était mort du sida? La station de télévision s’était excusée peu après.

Cette bourde n’est peut-être pas si innocente qu’on pourrait le soupçonner. La rumeur vient de différents journalistes, de certains historiens et de professeurs selon le chroniqueur Richard Martineau. Fumisterie ou terrible secret? La rumeur court et l’histoire risque de faire des vagues, tout comme elle pourrait mourir à jamais. Un extrait du texte:

…Après tout, le sida est encore une maladie taboue, honteuse, mal comprise. Savoir qu’un politicien respecté a succombé des suites de cette maladie (si la rumeur s’avérait fondée) pourrait radicalement transformer notre vision de celle-ci. Ça permettrait de sortir cette maladie du placard de la honte, du ghetto, des préjugés.

Vous me direz qu’un politicien a droit à sa vie privée, même mort. Je veux bien. Mais un politicien n’est pas un citoyen ordinaire! Ce n’est pas Joe Blow! Si les médias n’éprouvent aucun problème à dire que René Lévesque battait sa femme vers la fin de sa vie, pourquoi diantre éprouveraient-ils des problèmes à dire qu’un politicien est mort du sida? Vous ne trouvez pas que c’est mauditement plus important, socialement parlant?

D’autant plus que cette rumeur n’est pas alimentée par une bande de conspirationnistes disjonctés qui passent leurs journées devant leur ordi, mais par des journalistes sérieux, des historiens, des professeurs, qui me l’ont chuchoté maintes fois à l’oreille.

Bizarre que les journaux n’en parlent pas, non? Ne serait-ce que pour la démentir, pour la réfuter, pour l’enterrer une bonne fois pour toutes.

Alors je repose ma question: à quel moment une rumeur mérite-t-elle qu’on s’y attarde sérieusement?

La commission Johnson en arrache

Enregistré dans : Politique — J-P @ 8:31 pm

J’ai lu un commentaire très intéressant d’Yves Boisvert aujourd’hui dans La Presse qu’il intitule: Pierre Marc Johnson n’est pas à sa place. J’y apprends que Johnson vient même de terminer un mandat comme avocat du gouvernement. Il faudrait maintenant qu’il soit prêt à blâmer son dernier employeur. Il est dommage que la chronique ne soit pas publiée sur le site internet de La Presse, mais en voici un extrait:

… M. Johnson est non seulement un ancien premier ministre, ce qui n’est évidemment pas une tare, mais également un avocat du gouvernement du Québec dans le dossier du bois d’oeuvre. Dossier clos récemment, certes, mais qui a fait de lui l’avocat de ce gouvernement. Rien de mal là non plus. Mais simplement, le travail de commissaire dans une tâche qui met en cause la responsabilité du gouvernement du Québec vient d’être donnée à un avocat qui avait un dossier juridique et politique majeur avec ce même gouvernement, mais en tant que client.

Il traite aussi du concept d’apparence d’impartialité qu’il est nécessaire de respecter pour que la commission valle quelque chose et soit perçue comme étant solide par l’opinion publique. Je trouve son argumentation tout à fait logique. Tout comme la justice et “l’apparence de justice” qui doivent être au rendez-vous dans le monde judiciaire, “l’apparence d’impartialité” est essentielle pour qu’une commission soit crédible.

Dans le dossier du viaduc de Laval, il y a tout simplement trop de possibilités de conflits d’intérêts avec Johnson et Armand couture. On rapporte dans un autre article du journal:

Dernière révélation à retenir: le fils d’Armand Couture, membre de la commission d’enquête, est ingénieur chez Dessau-Soprin, une firme qui sera appelée à témoigner sur la construction du viaduc devant cette même commission. Armand Couture, lui-même ingénieur, a dit à La Presse hier que c’était un fait « bien connu « que son fils Luc travaille chez Dessau-Soprin, une société dont le siège social est à Laval. Luc Couture est ingénieur en circulation, un secteur qui n’est pas lié à la construction.

… Par ailleurs, Pierre Marc Johnson a siégé au conseil d’administration de Lavalin, puis de SNC-Lavalin, entre 1990 et 1998. Pour sa part, Armand Couture en a été l’un des principaux dirigeants pendant une vingtaine d’années. Cette grande firme d’ingénieurs est partenaire de Dessau-Soprin dans plus d’un projet. Elles sont notamment membres d’un consortium qui veut réaliser le projet en partenariat public-privé du pont de l’autoroute 25, entre Montréal et Laval.

Quand il été nommé président de la commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc, Pierre Marc Johnson a également pris congé du conseil d’administration de Ciment Saint-Laurent. En 1996 (avant l’arrivée de M. Johnson à son conseil d’administration), Ciment Saint-Laurent a été condamnée à une amende de 5,8 millions de dollars par le Bureau de la concurrence du Canada conjointement avec Ciment Québec et d’autres cimentiers pour avoir fixé les prix du béton à Québec et dans la région.

Or, Ciment Québec pourrait aussi être appelée à témoigner devant la commission d’enquête sur l’effondrement du viaduc. C’est en effet une de ses filiales, Prud’homme et frères, qui a coulé le béton du viaduc en 1968.

La formation de cette commission s’est réalisée presqu’aussi vite qu’a duré le funeste accident. La poussière était à peine retombée. Ceci permettait au gouvernement de ne pas avoir à faire de commentaires hâtifs. Outre les critiques de l’opposition au gouvernement libéral par les chefs Dumont et Boisclair, Yves Boisvert est d’avis qu’il eut été plus judicieux de nommer un personnage plus neutre comme un juge ou bien le coroner en chef du Québec à la tête de la commission pour que ses conclusions soient acceptées plus aisément par la population.

Avec Johnson, Couture et les liens qui ne cessent de sortir entre eux et le monde de la construction, l’industrie du ciment et le gouvernement, il y a trop de possibilités que la commission ne soit pas entièrement impartiale en apparence et prête plus facilement flanc à la critique.

C’est donc un épineux problème dans ce dossier chaud. Une affaire à suivre.

Propulsé par WordPress