Sur la piste de J-P

octobre 20, 2006

Les filles dans les griffes des gangs de rue

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 9:27 pm

Pas de quoi jubiler aujourd’hui en lisant les reportages dans les journaux sur les filles qui se font attraper par les gangs de rue de Montréal. Cet article de La Presse raconte l’esclavage sexuel d’une jeune fille d’à peine 13 ans qui est tombée dans cet enfer. Est-ce qu’on peut aller plus loin que ça dans la déchéance? Je ne peux l’imaginer. Ces histoires feraient pâlir les auteurs des grandes tragédies grecques sur l’échelle de l’horreur.

Il y a aussi cette Lune de miel cauchemardesque que vit une autre fille de 13 ans qui se fait passer dessus par tout les gars de la gang avant d’être livrée en pâture à la prostitution. Assez dégoutant merci, tant de petites vies gâchées! Le plus enrageant est que tout celà se passe à côté de chez nous.

À vous de juger en lisant ce texte:

L’esclave sexuelle
Katia Gagnon
Émilie Côté

Qui sont-elles? Que font-elles? Trois portraits, trois histoires réelles, où nous avons cependant changé les noms des filles pour leur propre sécurité, vous permettent de comprendre un peu mieux le rôle des filles de gang.

À 13 ans, Sonia était tout un pétard. Cheveux blond platine qui descendaient jusqu’aux fesses. Petit corps de femme en devenir moulé dans des jupes ultracourtes et des hauts révélateurs. Pas étonnant qu’elle ait été repérée par les gangs et recrutée à l’aide du plus vieux truc du monde: l’amour.

Elle sort avec Bernie depuis plusieurs semaines, quand, un matin, il lui propose d’aller visiter des appartements. Elle refuse. Bernie et ses amis ont alors recours à une autre méthode. “Il m’a pognée par les cheveux, rentre dans le char.” À son arrivée à “l’appartement”, une piaule sale, remplie de monde, avec la télé à fond la caisse, elle voit bien que quelque chose cloche.

“Ils m’ont donné un joint, m’ont fait asseoir à la table de la cuisine et m’ont expliqué comment ça allait se passer”, dit-elle. “Ça”, c’était son nouveau job. Prostituée. Ou escorte, pour les âmes sensibles.

On lui donne des fausses cartes, elle s’appelle désormais Sheila. On lui teint les cheveux en noir. On l’habille, on la maquille. Et on l’envoie dans une limousine. Le chauffeur l’emmène “faire” son premier client.

Pendant six mois, c’est ça, sa vie. Elle est dans une limousine et elle attend les “calls”. Il y a un call, on sniffe une petite ligne, et on y va. Elle se fait baiser par toutes sortes d’hommes. Des jeunes, des vieux, des beaux, des laids. Des hommes d’affaires en goguette. Des petits couples de banlieue qui veulent essayer un “trip à trois”. Bernie et sa bande, “quand ils filent gentils”, lui laissent parfois quelques heures pour dormir.

Mais un soir, elle fait sa délinquante. Elle passe la nuit à faire de la poudre avec son chauffeur plutôt que de répondre aux appels. Elle n’a pas fait un sou. La sanction est sévère. On l’enferme, toute nue, dans une salle de bains sans lumière. Elle y passe 24 heures. Perd totalement la notion du temps et de l’espace. En sortant, il y a des gars. Étaient-ils sept, 10 ou 11, elle ne s’en souvient plus. Ce dont elle se souvient par contre, c’est qu’ils l’ont violée. L’un après l’autre.

La police la retrouve, un beau matin, dans un motel de passe, la veille d’un grand départ pour Toronto. Le petit pétard est maigre comme un clou, cerné jusqu’aux joues. Elle a une MTS. Ah! et aussi, elle est enceinte. De père inconnu.

Un commentaire »

  1. Je n’ai jamais entendu une histoire pareille! Pauvre jeunesse! Une vie perdue, une santé perdue, etc.etc. Quel avenir sombre!

    Commentaire par Suzanne Lavoie — octobre 23, 2006 @ 8:19 pm

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