Sur la piste de J-P

novembre 30, 2006

La compagnie Sympatico Bell “SUCKS”!

Enregistré dans : Généralités — J-P @ 8:19 pm

 

Dans le passé, j’ai eu beaucoup de problèmes avec la compagnie Sympatico qui est le fournisseur internet de Bell. À l’époque, ils m’avaient vendu un service internet haute vitesse. Ce qu’ils avaient oublié de dire, c’est que ma maison était trop loin de leur serveur central pour que ma connexion fonctionne normalement et à une vitesse raisonnable. Je l’ai appris à mes dépens après plusieurs visites de techniciens qui ne réussissaient pas à résoudre le problème. Ma connexion internet allait au cinquième de la vitesse où elle était sensée aller et, bien sûr, ils s’entêtaient à me charger le plein prix d’une connexion haute vitesse… Alors, j’en ai eu assez de leur service de vente hypocrite et de leur soutien technique minable. Je suis allé voir la compétition Videotron. Depuis, mon service internet fonctionne à merveille et vraiment en haute vitesse.

Comme il fallait s’y attendre, je ne suis pas le seul qui a eu des problèmes avec Sympatico. Ma bonne mère est une de leur cliente. Son service internet n’est pas fameux et assez lent, puisque sa maison est aussi un peu trop loin de leur centrale. Tout comme moi, elle s’est fait vendre sous fausse représentation le service haute vitesse de Sympatico alors qu’ils ne peuvent pas techniquement lui offrir dans sa localité. Leur hypocrisie est une autre fois au rendez-vous.

Par contre, tout fonctionnait de manière potable jusqu’à il y a quelques semaines. Puis, tout arrêta. Le support technique lui dit que son modem était trop vieux et défectueux. L’explication est assez boiteuse, mais enfin. Ils lui ont dit qu’ils allaient lui envoyer un autre modem par la poste. Quelques jours plus tard, n’ayant rien reçu, elle rappelle Sympatico. Ils avaient oublié de le lui envoyer!! Elle passe encore deux heures au téléphone pour se plaindre et pour expliquer son cas, puis ils lui disent qu’ils étaient désolés et qu’ils allaient lui envoyer sans faute le modem. Quelques jours plus tard, l’histoire se répète, Ils n’avaient toujours pas envoyé le modem!  Vive l’incompétence!

Ma mère était excédée et les a menacés de les laisser tomber parce que leur service était déplorable. Elle a réussi à parler à un superviseur pour les informer qu’elle était prête à leur donner une ultime chance. Enfin, incroyable, mais vrai, elle a reçu le fameux modem hier. Je suis allé chez elle ce soir pour faire l’installation.

J’ouvre la boite et il est écrit à l’intérieur d’installer le logiciel sur le CD-Rom avant d’installer le modem. Le Hic, c’est qu’IL N’Y A PAS DE CD DANS LA BOITE!! Je n’en reviens pas. Décidément, Sympatico fait gaffe par-dessus gaffe. Ils sont pires que le grand maître d’échec Kramnik, qui lui au moins se contente de faire une seule erreur à la fois…

J’appelle tout de même Sympatico pour qu’ils me guident dans l’installation. Nous passons une demi-heure à essayer des configurations logicielles, ils me font débrancher et rebrancher les fils. Rien ne se passe, la connexion ne se fait toujours pas. Alors là le type du support technique me dit qu’il allait envoyer un CD par la poste pour pouvoir installer de nouveau le pilote du modem.

J’avais été ultra poli et coopératif jusqu’à ce moment là, mais alors là, j’ai explosé. J’ai engueulé le type comme du poisson pourri. “Savez-vous combien d’heures ma mère a perdu de temps au téléphone et combien de fois elle vous a téléphoné? Ce manège dure depuis des semaines. Vous n’avez pas été capable de lui envoyer le modem deux fois de suite. Nous recevons l’appareil et, la cerise sur le gâteau, vous avez oublié d’inclure le CD dans la boite! Votre service est tout à fait inacceptable et vous riez des gens. Pas vous personnellement, mais votre compagnie. J’ai eu beaucoup de problème avec vous et je suis maintenant bien heureux avec Videotron. C’est ce que je vais recommander à ma mère. Nous avons perdu assez de temps avec vous et nous vous avons donné plusieurs dernières chances! Je veux aussi parler à un superviseur pour lui donner ma façon de penser.”  Le type à l’autre bout a finalement réussi à parler et il m’a poliment demandé d’attendre.

La musique gazouillait sur la ligne en attente. J’ai attendu 15 minutes en ramassant tout leur attirail inutile dans la boite. Enfin, je me suis imaginé qu’ils me faisaient attendre pour rien et en fait, j’attendais pour rien. Il n’y a rien à faire avec une entreprise incompétente comme Sympatico. J’ai fermé la ligne, ils ne sont même pas dignes que je continue à les attendre.

Je ne souhaite pas de mal au type, il n’est responsable de rien et faisait bien son possible. Par contre, la personne morale qu’est la compagnie Sympatico, comme elle n’est pas capable de respecter ses clients et de remplir ses obligations à répétition, je lui souhaite un jour sa belle mort.  Voilà ce qui lui arrivera si elle continue de perdre d’autres clients.  Il y avait un reportage en fin de semaine passée sur la guerre Bell vs Videotron qui racontait que tout se jouait dans la qualité du service à la clientèle.  Pour moi, la qualité du service à la clientèle de Sympatico Bell est un GROS ZÉRO!  Tant mieux si mon billet arrive à certaines oreilles chez Sympatico, qu’ils en prennent note.

La vie est trop courte pour traiter avec des imbéciles de la sorte.  Au suivant, comme chantait Jacques Brel.

novembre 29, 2006

L’issue de la ronde 3 Kramnik-Fritz: partie nulle

Enregistré dans : Actualité, Généralités — J-P @ 6:39 pm

Vladimir Kramnik n’a pas commis de bourde aujourd’hui en Allemagne lors de sa troisième partie d’échecs qui l’oppose au puissant logiciel Deep Fritz 10. Il se remet petit à petit de son amère défaite de la dernière partie . Il a bien dirigé ses troupes et les pièces des deux armées ont été échangées équitablement de part et d’autre. Au 44ième coup, le roi blanc de Kramnik était alors épaulé par trois pions et un fou, contre deux pions et une tour pour le roi de la machine Fritz. Les forces étaient égales, les deux rois allaient devoir s’ennuyer entre eux pour l’éternité, alors les joueurs scellèrent l’issue de l’affrontement en partie nulle. La reconstitution de la partie sur le site officiel de Rag est ici.

Au cours des trois dernières parties, Kramnik devra minimalement gagner une partie s’il ne veut pas perdre le match ou, encore mieux, pouvoir prétendre le gagner. Les experts disent que l’humain a un avantage sur la machine en élaborant de meilleurs coups stratégiques à long terme. Quant à elle, la machine possède l’avantage indéniable de la puissance et de la rapidité de calcul pour analyser les coups à court terme et ainsi limiter les erreurs. Nous voyons sur le chronomètre qu’elle réfléchit moins longtemps que l’humain et par conséquent joue plus vite que lui.

Enfin, cette question nous hantera d’ici mardi prochain. L’homme pourra-t-il résister face à la machine?

The Duel: man vs machine - Current standing

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 Vladimir Kramnik
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Deep Fritz 10
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novembre 27, 2006

Duel titanesque sur l’échiquier

Enregistré dans : Actualité, Généralités — J-P @ 8:19 pm


Matthias Feist l’opérateur de Deep Fritz, Vladmir Kramnik l’opérateur d’un cerveau humain…

Un duel de titans se déroule actuellement à Bonn en Allemagne dans le prestigieux Art and Exhibition Hall de la ville. Le champion mondial d’échecs Vladimir Kramnik affronte le logiciel Deep Fritz dans un série de six parties du 25 novembre au 5 décembre. Avant que la puissance des ordinateurs ne finisse par surpasser l’esprit des joueurs humains, c’est peut-être la dernière chance que l’homme a de vaincre la machine. Si Kramnik gagne le combat il empochera un million de dollars…

La deuxième partie avait lieu aujourd’hui et s’est terminée au 35ième coup. Kramnik, qui menait les noirs, a bien joué en acceptant le Gambit de la dame, mais a fait l’erreur de replier sa reine sans voir qu’il allait se faire mettre échec et mat au prochain coup! L’ordinateur l’a alors achevé sans pitié… Le champion a fait une terrible gaffe, une bourde dont l’envergure n’a presque jamais été atteinte à ce niveau de jeu, et a perdu comme un débutant. Snif, snif. Oh dear, oh dear, oh dear. L’humain peut faire des gaffes atroces, mais pas l’ordinateur qui n’aurait pas ignoré de calculer une bêtise si évidente.

Voici le reportage de cette deuxième partie fatidique que vous pouvez visualiser sur votre écran ici.

Courage Kramnik, le match est encore loin d’être fini! Je compte sur toi pour ne pas lancer la serviette, te sortir du gouffre et battre la machine. Go Vladimir, Go! Je serai derrière toi pour les quatre dernières parties d’ici le 5 décembre. Le site officiel du match.

Deep Fritz 10 - Kramnik,V (2750) [D10]
Man vs Machine Bonn, Germany (2), 27.11.2006
1.d4 d5 2.c4 dxc4 3.e4 b5 4.a4 c6 5.Nc3 b4 6.Na2 Nf6 7.e5 Nd5 8.Bxc4 e6 9.Nf3 a5 10.Bg5 Qb6 11.Nc1 Ba6 12.Qe2 h6 13.Be3 Bxc4 14.Qxc4 Nd7 15.Nb3 Be7 16.Rc1 0-0 17.0-0 Rfc8 18.Qe2 c5 19.Nfd2 Qc6 20.Qh5 Qxa4 21.Nxc5 Nxc5 22.dxc5 Nxe3 23.fxe3 Bxc5 24.Qxf7+ Kh8 25.Qf3 Rf8 26.Qe4 Qd7 27.Nb3 Bb6 28.Rfd1 Qf7 29.Rf1 Qa7 30.Rxf8+ Rxf8 31.Nd4 a4 32.Nxe6 Bxe3+ 33.Kh1 Bxc1 34.Nxf8. Now 34…Kg8 35.Ng6 Bxb2 36.Qd5+ Kh7 37.Nf8+ Kh8 38.Ng6+ is the forced draw. But Kramnik played 34…Qe3??


L’erreur de l’humain Kramnick: le repli de sa reine en e3. Au prochain coup, l’ordinateur déploie sa reine blanche en h7 et c’est fini…

35.Qh7# 1-0.

Kramnik played the move 34…Qe3 calmly, stood up, picked up his cup and was about to leave the stage to go to his rest room. At least one audio commentator also noticed nothing, while Fritz operator Mathias Feist kept glancing from the board to the screen and back, hardly able to believe that he had input the correct move. Fritz was displaying mate in one, and when Mathias executed it on the board Kramnik briefly grasped his forehead, took a seat to sign the score sheet and left for the press conference, which he dutifully attended.

novembre 26, 2006

Poinsettia

Enregistré dans : Généralités, Photographie, Près de chez nous — J-P @ 4:07 pm


Le poinsettia d’Hélène.

Rien de mieux que de donner des fleurs pour remonter le moral d’une femme qui traverse une petite maladie. Hélène a accueillie ce poinsettia avec joie. Le rouge vif de ses feuilles s’est enflammé avec le retour du Soleil. Puis, pour la maladie, tout est rentré dans l’ordre.
Un gros merci à Suzanne et à son grand coeur!

Poinsettia

L’oeil du chroniqueur Foglia

Enregistré dans : Actualité, Généralités — J-P @ 7:42 am


Photo: Patrick Sanfaçon (copyright)
Il y a plus de 100 000 personnes âgées dans les CHSLD

Il y avait hier dans La Presse une chronique extrêmement percutante de Foglia. Il décrit le travail “anormal” des préposés qui s’occupent des vieux dans les CHSLD. Pour ceux qui critiquent ces employés, il remet les pendules à l’heure. Voici son texte à lire absolument à la fois très cru et très touchant.

La caméra pas cachée
Une plainte monte du couloir.
Encore M. Filion, dit une préposée. Encore constipé.
La plainte devient une sorte de beuglement,
Ça doit être coincé et ça le déchire, commente une autre préposée, j’y vais. Elle entre dans la chambre où M. Filion , prostré, impuissant, humilié sans doute aussi, pleure doucement. La préposée lui prend la main. Là, là, M. Filion, on va arranger ça. Elle baisse son pyjama, défait sa couche et, de son doigt ganté, dégage l’anus du vieux monsieur.
La caméra avec laquelle j’écris cette chronique n’est pas cachée. Ce que je vous montre, n’importe qui peut le voir.
Prenons la plus courante des tâches, celle qui est répétée le plus souvent dans tous les CHSLD de la province. Le bain partiel quotidien. Avec un gant de caoutchouc, la préposée lave la figure, les fesses, la vulve, le pénis du vieux ou de la vieille. Enlève les champignons de son nombril avec un coton-tige. Éponge le liquide brun et épais qui suinte de ses oreilles.
J’ai dit la job courante. Mais une job comme une autre ? Journaliste, plombier, institutrice, vendeuse chez Renaud Bray, ça, ce sont des jobs normales, comme les autres. Changer la couche des petits enfants dans une garderie, c’est aussi une job normale. Mais changer la couche d’un monsieur de 88 ans, ce n’est pas une job normale. Pas normal pour le vieux monsieur. Pas normal pour la vieille madame, pas normal pour la préposée.
Laver la vieille dame sous les seins, mais pas sous les aisselles parce que son bras, trop raide, ne décolle pas et qu’il faudrait être deux pour le lever. Alors forcément, demain, après-demain, la vieille dame va puer un peu. Mais elle puerait de toute façon : 80 % des bénéficiaires des CHSLD portent des couches. Lave-les tant que tu veux, ils puent toujours un peu sous le parfum dont on les asperge le matin.
Couper les ongles des orteils, qui poussent tout croche. Gare s’ils déchirent les bas. La famille en fera tout un plat. Leur avocat convoquera les médias. Et Maisonneuve va encore s’exciter. S’occupent pas de notre papa, c’t'écoeurant. La faute au syndicat.
Nettoyer les ongles des mains. Mais surtout sous les ongles. Je viens de le dire, 80 % des bénéficiaires sont en couche. Plusieurs jouent dedans. Avec la sénilité revient, comme chez les tout-petits, la fascination de la merde. Mais parfois, aussi, c’est tout simplement parce que ça les pique.
Les nourrir. Madame X, madame Y, monsieur Z ont pris place dans leur chaise à têtière, qui leur tient la tête droite. Pour les gaver, une seule préposée, assise, elle, sur une chaise à roulettes pour pouvoir aller plus aisément de l’un à l’autre. Hop, une petite cuillère de crème de blé à madame X. Hop, une autre à madame Y. Oups ! Monsieur Z ne veut pas ouvrir la bouche. Ben alors, monsieur Z, on n’a pas faim, aujourd’hui ? Miam-miam, la bonne crème… Hop, elle revient à madame X, qui a régurgité. D’abord lui essuyer les coins de la bouche avec une serviette en papier. Hop, madame Y, c’est bien, madame Y ! S’il vous plaît, monsieur Z, je vais me faire gronder par l’infirmière si vous ne mangez pas. La préposée insiste un peu avec sa cuillère. Les lèvres de M. Z se desserrent, il aspire un peu de crème de blé. S’étouffe, la recrache. La préposée en a plein ses lunettes. Finalement, c’est madame Y qui a presque tout mangé. Et quand elle a été bien pleine, elle a déféqué. Hon ! Madame Y ! Venez, on va vous changer.
Too much information ? Vous préférez quand la caméra cachée surprend le préposé en train de traîner le petit vieux sur le plancher comme une poche de patates ? Désolé, vous me confondez avec le Téléjournal ou avec une émission de radio qui sévit le midi.
Les épidémies, les rhumes, les petites contrariétés qui déclenchent des cataclysmes dans le quotidien des pas-tout-à-fait-déconnectés. Le fils chéri vient de téléphoner, il ne viendra pas samedi. Ou le contraire, il est venu et ça ne s’est pas bien passé. Les familles ! Faudrait faire aux familles le coup de la caméra cachée. Montrer les engueulades des enfants dans la chambre du vieux, les discussions d’argent. La paranoïa ambiante. Où est passé le haut de pyjama de mon père ? On ne sait pas, madame. Votre père l’aura oublié dans une chambre où il est entré en pensant que c’était la sienne. On le retrouvera.
La violence des bénéficiaires. Coups de pieds, coups de poings aux préposés, insultes. Deuwwors ! crie la vieille à la préposée Noire qui vient d’entrer pour la laver : “Je ne veux pas d’esclave dans ma chambre.”
Le cul. Les vieux qui sortent leur truc. Qui laissent traîner leurs mains. La frénésie des vieilles à l’arrivée d’un nouveau.
La mort, quand ne c’est pas eux qui meurent mais un proche, un de leurs enfants, accident, cancer. Alors ils engueulent le bon Dieu. Pourquoi c’est pas moi que t’es venu chercher ?
Il y a plus de 100 000 vieux dans les CHSLD. Plus de la moitié totalement déconnectés, vertigineusement absents, ni passé, ni présent, incapables de reconnaître leurs leurs propres enfants. Le regard vide, la couche pleine. Et ce dont on n’arrête pas de parler, c’est de quelques dérapages ? Sans montrer d’abord la chiennerie de fin de vie dans laquelle s’inscrivent ces dérapages ?
Lâchez-moi avec votre dignité.
Est-il d’autre dignité, rendu là, que la mort ? Mettons que, pour toutes sortes de raisons à la con, dont quelques-unes religieuses, vous me répondiez non, c’est pas ça, la dignité. La dignité, c’est d’essuyer avec un coin de serviette en papier la crème de blé qu’a régurgitée la vieille. La dignité, c’est de dégager avec son doigt l’anneau anal du vieux constipé.
OK, d’abord.
Reconnaissez au moins que ce n’est pas une job comme les autres. Que ce n’est pas une job normale. Reconnaissez que ceux et celles qui la font sont admirables. Pour moins de 400 piastres net par semaine, sacrament, les mains jusqu’aux coudes dans la marde de vos parents. Et vous les espionnez ? Et vous les traitez de chiens sales ? Vous n’avez pas honte ?

novembre 25, 2006

Comme un jardin de givre

Enregistré dans : Photographie, Près de chez nous — J-P @ 10:28 pm

Ce matin, avant d’entreprendre le ménage et de passer l’aspirateur dans la maison au grand complet, j’ai profité de la basse température de l’automne et du Soleil qui montrait enfin ses rayons pour faire un petit tour dans le parc. Novembre fut jusqu’ici un mois pluvieux et sans Soleil. Si bien que cette semaine un caricaturiste avait dessiné un père racontant à son garçon que le Soleil est une grosse boule de feu qu’on peut apercevoir dans le ciel de temps en temps. Oui, c’est génial, le soleil existe!

Alors, le Soleil éclairait les cristaux de givre sur les feuilles, les petits trèfles et les brins d’herbe. Les tracés des nervures et du limbe de cette feuille d’érable étaient distinctement définis par les petits cristaux blancs et étincelants, parfaitement enlignés par la froide nuit. Les zones ombragées de la feuille ne pouvaient pas se défiler indéfiniment de la lumière et la chaleur du Soleil se chargeait graduellement d’effacer les lignes blanches en les changeant en gouttelettes d’eau. Quelle superbe escapade matinale pour débuter la journée en beauté!

J’étais accroupi sur l’herbe, ma tête et mon objectif photographique rivés vers le sol. Par mon comportement bizarre, j’ai même éveillé les soupçons d’une vieille dame qui promenait son chien. Nous étions les seules âmes vivantes dans le secteur, tout le parc silencieux était pour nous. Elle s’est informé de l’étrange magie que je fabriquais, le mot est d’elle, puis a repris son chemin avec son quadrupède en laisse après avoir compris ce que je mijotais ainsi. Cette question a fait ma journée. La sorcellerie de la nature, cette transformation des lignes de vie des feuilles mortes et celle du givre, m’a passablement empêché de marcher. En fait, ma fausse promenade fut plutôt du genre immobile.

Ce n’est pas encore l’hiver, mais j’ai pensé à ces vers de Nelligan qui évoquent un jardin de givre. Moi, je suis bien chanceux de l’avoir vu, ce matin, le vrai jardin de givre. Pas un jardin dans une vitre. La douleur je la laisse à Nelligan, parce que pour moi la magie des cristaux me donne du bonheur. Aussi, toute cette époustouflante magie glaciale est loin de me tourmenter. Elle me fige de joie et j’en suis fort aise. Cependant, j’ai hâte à l’hiver pour les voir, mes cristaux de givre dans ma vitre.

Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j’ai, que j’ai!

Émile Nelligan


Le Soleil plombant derrière la feuille crée un effet de couleur spectaculaire.


Quelques trèfles sont ornés de cristaux de givre.

novembre 22, 2006

Erreur bureaucratique à l’hôpital Sacré-Cœur

Enregistré dans : Généralités, Myriam — J-P @ 7:06 pm

Hélène s’était inscrite il y a cinq semaines pour passer une échographie entre la 30ième et la 32ième semaine de grossesse, tel que recommandé par son médecin. Cet examen doit révéler la position du bébé et vérifier s’il se présente bien. Il y a une semaine, une employée de l’hôpital a appelé Hélène pour confirmer qu’elle avait rendez-vous ce matin à 7h45.

Nous nous rendons au département de radiologie de l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal ce matin et, oups, Hélène se fait dire qu’elle n’est pas enregistrée sur la liste des examens. Elle ne comprend pas et la frustration monte. L’infirmière va vérifier quelque chose ailleurs et revient cinq minutes plus tard. Pendant ce temps, la file des gens en ligne à l’enregistrement s’allonge et s’allonge…

« Nous sommes désolés, vous n’êtes pas sur la liste. Il s’agit probablement d’un problème informatique que nous avons eu. Malheureusement, il n’y a pas de place et vous ne pourrez pas passer l’examen aujourd’hui ».
Hélène réplique. « Je ne la trouve pas drôle. J’ai confirmé l’examen avec vous il y a une semaine. Nous n’avons pas que ça à faire, venir à l’hôpital pour rien! Comment est-ce possible? Il n’y a pas moyen de faire l’examen quand même? »

Non. Il n’y a rien d’autre à faire que de s’en retourner comme des poissons. Ils nous ont donnés un autre rendez-vous pour le 6 décembre! Au moins, c’est avant la date prévue pour l’accouchement…

Nous avons tous entendu des tas d’histoires d’erreurs et de bévues dans notre système de santé. Des erreurs de gestion, des erreurs d’allocations d’argent, des erreurs médicales, l’insalubrité des lieux, des décès qui auraient pu être évités. La liste des erreurs est longue et notre ministre Couillard a toujours énormément de pain sur la planche. Pas facile d’améliorer un système gigantesque et d’essayer d’en faire la réingénierie!

L’erreur de ce matin à l’hôpital Sacré-Cœur ne causera pas de vagues, même pas une vaguelette. En fait, ce qu’elle a de particulier est qu’elle nous arrive à nous, devenant ainsi NOTRE PETITE ERREUR détestable à enterrer à jamais. Par contre, il est bien plus facile d’imaginer toutes les petites ou grosses erreurs qui arrivent aux autres et de comprendre ce que l’on raconte dans les journaux. Notre petite erreur restera donc fort probablement inconnue du système et noyée sous sa surface. Il n’y aura vraisemblablement aucune conséquence, sauf celle de frustrer un peu deux citoyens. Elle pourrait fort bien se répéter demain et après demain sans qu’on se soucie de l’éviter à nouveau. Pourtant, c’est pour moi une démonstration concrète des problèmes qui affligent notre système de santé.

Tiens, une idée en passant, ce serait bien que le Ministre Couillard rende publique des mesures d’améliorations concrètes et continues dans certains établissements et des statistiques sur le contrôle de la qualité dans les hôpitaux. Au lieu de généralités et de phrases toutes faites qui ne veulent rien dire sur le “bon système” comme on en retrouve sur le site du ministère de la santé et que je reproduis ici, il serait bien plus intéressant d’informer la population sur les améliorations qu’on fait à notre système déficient.

Notre mission
La mission du ministère de la Santé et des Services sociaux consiste à maintenir et à améliorer la santé et le bien-être des Québécoises et des Québécois, en rendant accessible un ensemble de services de santé et de services sociaux, intégrés et de qualité, en vue de contribuer au développement social et économique du Québec.

Nous partageons cette mission avec les organismes et les établissements du réseau de la santé et des services sociaux. Ceux-ci offrent à la population les soins de santé et les services sociaux dont elle a besoin.

Entre autres responsabilités, le Ministère voit à l’élaboration d’orientations et de politiques qui influent sur la prestation des services destinés à la population ; nous nous engageons à poursuivre, dès leur mise en place, des objectifs visant la qualité et l’accessibilité de ces services pour tous les citoyennes et citoyens.

À propos du contrôle de la qualité dans le système de santé, des questions se posent. Il serait intéressant de comparer le sérieux des procédures de qualité des usines de Bombardier où l’on construit les avions avec celui de nos hôpitaux. En tout cas, j’aimerais bien comparer les résultats d’erreurs ou le nombre de plaintes clients dans les usines versus les hôpitaux. Ou, par exemple, dans une usine de fabrication de microprosseurs de la compagnie Intel où l’on fabrique les gaufres de silicium dans un environnement contrôlé, croyez-vous qu’une “motte” de poussière aurait le loisir de se détacher d’un plafonnier pour atterrir sur le silicium, comme c’est arrivé récemment dans une salle d’opération pour infecter une plaie? Ma connaissance des hopitaux et de la compagnie Intel est pratiquement nulle, mais je parierais que le ménage est mieux fait dans les usines d’Intel.

Dans le secteur privé, on fait généralement des pirouettes pour satisfaire le client. Surtout, lorsque le client traite avec une petite ou moyenne entreprise qui ne peut pas se permettre de lui rire en pleine face. L’entreprise qui offre un mauvais service risque de perdre son client qui ira voir les compétiteurs. Par définition, le terrain de jeu de l’incompétence dans le privé est beaucoup plus petit que celui du système public érigé en monopole. En fait, la règle est simple au privé, le client a toujours raison, à moins qu’il s’agisse de demandes excessives et déraisonnables. Je pense qu’on aurait sûrement trouvé le moyen de reconnaître l’erreur de rendez-vous et proposé une meilleure solution que d’avoir à revenir deux semaines plus tard. J’imagine qu’on aurait à tout le moins essayé un peu plus fort de réparer la gaffe.

Dans la fonction publique, la machine bureaucratique est immense et le client ne peut aisément aller ailleurs. Il est pris en otage par le système. Bonne chance si vous essayez de trouver la cause de vos petites ou grosses erreurs et, encore plus, la personne responsable qui pourrait aider à régler la situation. Contrairement au privé, c’est le système qui a toujours raison et non pas le client. Le mieux que vous ayez à faire avec notre énorme fonction publique est de dire une prière en espérant que tout aille pour le mieux et que vous soyez chanceux à la loterie du jour.

En attendant, s’ils nous refont le coup de ne pas être sur la liste le 6 décembre, nous aurons avec nous, sur papier, un billet de rendez-vous daté à leur mettre sous le nez. Nous, nous avons fini de niaiser.

novembre 18, 2006

L’araignée et les petits fruits de novembre

Enregistré dans : Photographie, Près de chez nous — J-P @ 4:50 pm

Cet après-midi, cette petite araignée tissait une ébauche de toile dans un arbuste. Les pattes de l’insecte entouraient le petit fruit brun et quelques fils sautaient entre les fruits miniatures. L’araignée était vraiment difficile à voir à l’oeil nu, mais elle est maintenant visible sur la partite gauche du fruit brun et séché dans cette photo.

Avant de partir dans ma mini promenade de santé, je me demandais quelle genre de vie j’allais trouver dans le parc de la Visitation en novembre puisque les arbres sont presque tous dégarnis et les couleurs d’automne sont loin derrière nous. C’est donc sans trop savoir sur quoi j’allais tomber que je me pratiquais à prendre des macrophotographies, pour suivre les traces de mon voisin qui est un adepte de cette technique photographique. Au début, c’était les petits fruits blancs qui m’intéressaient. Puis, j’ai aperçu la petite araignée, grosse comme une tête d’allumette, bouger sur le petit fruit brun dans le viseur de ma caméra. Enfin, au retour de ma marche, ce n’est que devant mon écran d’ordinateur que j’ai vu les deux petits yeux de ma petite araignée sur l’image agrandie. C’est ce qu’on appelle faire connaissance par étapes et dans les règles de l’art. Salut, petite araignée!


Voici les petits yeux de l’araignée que j’ai isolés dans l’image du haut.

J’ai encore bien des croûtes à manger pour atteindre l’expertise de mon voisin, mais mes premiers essais “plus sérieux” en macrophotographie sont stimulants. Vive le royaume de l’infiniment petit! J’exagère car je ne suis pas rendu au stade des particules atomiques. Alors, vive le royaume plus modeste du tout petit…


L’araignée n’est pas dans cette image. Il n’y a que les petits fruits…

novembre 16, 2006

Le monde est beau

Enregistré dans : Généralités, Photographie, Près de chez nous — J-P @ 9:48 pm

Michel Bury est, lui aussi, un autre photographe passionné par la nature. Détail intéressant, il habite tout près de chez moi et présente une exposition de photos, Merveilles de la nature 2006, jusqu’au 5 décembre chez L.L. Lozeau. Sa conjointe nous avait laissé dernièrement une invitation par hasard à la maison. J’ai été enchanté d’apprendre que j’avais parmi mes voisins un amant de la photographie.

J’ai rencontré ce monsieur bien sympathique à l’oeil clair ce soir au vernissage de l’exposition. Ses images, principalement des gros plans ou macrophotographies, sont magnifiques. Dire qu’il a renoué avec la photographie depuis seulement un peu plus de deux ans durant un voyage dans le sud. Depuis, il fréquente assidûment le parc de la Visitation et le jardin botanique de Montréal. Voici un article très intéressant du Courrier Ahuntsic sur ce photographe amateur et autodidacte.

En l’écoutant parler de ses multiples levers aux petites heures du matin pour saisir la “bonne” image, devant l’une de ses photos, je lui ai dit en souriant: “Voilà un autre passionné qui se lève tôt le matin pour aller faire de la photo!”. Évidemment, il savait exactement de quoi je parlais et m’a répondu par l’affirmative. Pas besoin d’en dire plus, je savais que l’on avait beaucoup de choses en commun.


Coccinelle maculée sur fleur d’iris. (Photo: Michel Bury)

Le peuple à genoux devant les minorités

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 8:54 pm

Nous venons de suivre un cours prénatal pour nous aider à préparer la naissance de notre bébé. En fait, au rythme où celui-ci se remue dans le ventre d’Hélène, il va bien falloir qu’il sorte un jour pour s’amuser dans un vrai terrain de jeu plus spacieux.

J’ai donc appris un tas de choses sur le développement des bébés, la préparation de la mère et du père avant l’accouchement et ensuite des conseils pour les premiers mois de la vie du nourrisson. Est-ce que je me souviens de tout? Bien sûr que non, mais j’ai bien apprécié suivre ce cours et apprendre ces notions pratiques. De plus nous avons obtenu de la documentation de référence et je réalise comment ces cours peuvent être profitables ou même nécessaires.

Comme je viens de passer par cette étape, je suis plus sensible à ce sujet et les deux bras me sont tombés lorsque j’ai entendu cette semaine que le CLSC de Parc-Extension à Montréal ferme la porte de la classe aux futurs pères. Ils ne peuvent pas accompagner leur femme aux cours pour des motifs religieux! Il parait que la présence des hommes ne convient pas dans certaines communautés musulmanes, hindoues ou sikhs. Ainsi, au nom de ces différences religieuses et des «accommodements raisonnables», la majorité plie en supprimant le droit aux pères de recevoir ces formations et en les obligeant à aller la suivre ailleurs. Curieux, comme c’est le monde à l’envers! Au lieu de référer ces gens pour s’organiser autrement et suivre une formation adaptée à leurs besoins dans un lieu spécifique, on change la formation, on supprime les droits de certains pères et on demande à ceux-ci de s’organiser avec ça. Je rêve ou quoi?

Dernièrement, je faisais remarquer que nous sommes passés maitres dans l’art de se faire manger la laine sur le dos, ici, au Québec. Cet exemple illustrant l’absurdité où nous mènent les «accommodements raisonnables» est difficile à surpasser. Je ne suis pourtant pas le seul à être étonné et, en fait, en dissertant sur nos petits travers québécois, je ne devrais pas être étonné du tout. Nous ne nous respectons pas assez pour oser identifier les responsables de nos désastres et de la sorte nous réglons les problèmes en surface, ensuite nous plions devant certains caprices religieux. Alors, quant à plier, plions jusqu’au bout.

En fait, je vous sers un autre comportement similaire qui lui aussi n’est pas piqué des vers, comme on dit. Imaginez-vous que la police de Montréal prend les devants et demande à ses policières de ne pas s’adresser aux juifs de communautés hassidiques de Montréal de peur de froisser leur culture d’hommes. Dans ce cas-ci, ce qui est particulier est qu’il n’y a pas eu de demandes faites par la communauté hassidique. Nous prenons nous-mêmes l’initiative de nous agenouiller devant une minorité. Il faut le faire!

novembre 15, 2006

La Basse-Ville de Québec

Enregistré dans : Panoramique, Photographie, Voyage — J-P @ 9:11 pm

J’ai passé une journée dans la Basse-Ville de Québec au mois de mars. L’hiver tirait à sa fin et la neige avait disparu de la rue Sous-le-Fort. L’endroit, au pied du fier Château Frontenac, se prêtait à merveille pour faire une vue panoramique. Voici une vue en haute résolution de l’image. Puis, si jamais vous voulez vous y rendre, la carte Google Map est ici.

novembre 13, 2006

La Place Ville-Marie

Enregistré dans : Panoramique, Photographie, Près de chez nous — J-P @ 10:19 pm

En plein coeur de Montréal, voici une vue panoramique de la Place Ville-Marie que j’ai réalisée plus tôt cette année. Le panoramique sphérique est ici en Quicktime VR et en Java.

Carte Google Map.

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