Sur la piste de J-P

mai 31, 2006

Échange de Ping Pong incroyable

Enregistré dans : Généralités — J-P @ 9:14 pm

Voici le video d’un échange de ping pong pour le moins spectaculaire. Le plus beau point de ping pong que je verrai sans doute de ma vie!  Pas surprenant que le clip aie été vu près de 500 000 fois sur You Tube. Félicitations aux joueurs.

Démission ou destitution de la juge Lise Côté?

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 7:38 pm

Une autre histoire qui montre que le Monde ne tourne pas rond!  Il manque de graisse dans les “bearings”.  La juge Lise Côté de la Cour d’appel ne doit pas marcher la tête haute ces jours-ci. En tout cas, elle ne devrait pas être fière de son dernier jugement qui RÉDUIT la peine du pédophile Monsieur X de 15 ans de réclusion à 9 ans. La juge Dominique Wilhelmy avait donné une sentence exemplaire au pédophile et voilà que Lise Côté fait marche arrière et soulève l’indignation générale avec ses propos dans sa décision qui manque carrément de jugement:

«L’agression sexuelle ne se situe pas parmi les agressions sexuelles les plus graves si l’on prend en compte que les gestes posés ne l’ont pas été dans un contexte de violence physique allant au-delà de la violence inhérente à la commission de l’infraction. L’on ne retrouve pas ici des gestes de violence tels que bâillonner, menacer, ou frapper l’enfant. D’ailleurs, selon la mère de l’enfant, sa fille demandait à dormir avec son père, ce qui n’excuse, d’aucune façon, ses gestes», écrit-elle dans sa décision.

Hum, hum.  ALLO?  Il y a quelqu’un à l’appareil? Aux commandes de la fusée XL5?  Sortez de votre tour d’ivoire, madame, et allez lire ce jugement à la petite fille qui s’est fait agressée gentillement ”sans violence”. Elle en remet en parlant de l’âge de Monsieur X, comme si c’était une grande variable dans l’équation métaphysique de la chose…  Non, le jugement n’est décidément pas donné à tout le monde.  Tant qu’à moi, Monsieur X devrait rester bien plus longtemps en réclusion.  Et je crois que je suis loin d’être le seul à le penser, si je me fie au tollé public qui gronde comme les orages qui nous tombent dessus aujourd’hui.  Par Toutatis, le ciel nous tombe sur la tête!

Je verrais deux issues logiques: la démission ou la destitution de la juge. Pourtant, je parierais qu’il ne se passera rien du tout comme c’est souvent le cas dans notre société anesthésiée. Ce n’est donc pas un jour glorieux pour notre système de justice! Nous avons au Québec une des justices les plus clémentes au monde où les peines sont souvent dérisoires et avec le cas présent, nous tombons dans le loufoque. Voir le compte rendu de cette triste affaire ici.

Question existentielle: on nomme le Juge Benoît Morin qui était en désaccord avec le jugement de Lise Côté.  Savez-vous l’identité du juge qui a fait pencher la balance en sa faveur?

mai 30, 2006

An Inconvenient Truth, le film de Al Gore

Enregistré dans : Actualité, Films, Science — J-P @ 8:38 pm

 

Voici la bande-annonce du film d’Al Gore, “An Inconvenient Truth”.  C’est un cri d’alarme sur ce que nous sommes en train de faire à notre planète dans ce qu’il y a de plus choquant.  Contrairement au Code Da Vinci, nous ne nageons pas ici dans la fiction, mais dans la pure RÉALITÉ.  Al Gore a présenté son film à Cannes et j’espère que ça ouvrira les yeux et éveillera les consciences.  Je n’ai pas encore vu le film, mais je compte bien le faire.

J’ai récemment découvert la façon d’intégrer des videos de Google Video sur mon blogue grâce au plug-in Extreme Video Plug-In 2.3 Beta.  Merci aussi à l’entrepreneur et au pionnier du blog et podcast en français, Loic Le Meur, pour l’idée d’intégrer du contenu video.  C’est vraiment du beau travail!  Allez visionner le video ci-bas en cliquant sur la petite flèche Play (deux fois plutôt qu’une si la video ne démarre pas).

Mise à jour: un article intéressant sur Cyberpresse présente le combat que mène Al Gore depuis plus de 30 ans.  Le reportage nous éclaire sur la situation inquiétante, lorsqu’on réalise qu’il y aurait seulement une dizaine d’années d’ici le point de non retour, si on ne fait rien.  Pas un joli héritage à léguer à nos enfants.  Alexandre Sirois décrit aussi les visions opposées entre Bush et Gore relativement à l’enjeu de l’environnement.  Voici un extrait:

Le vent serait toutefois en train de tourner. Les Américains, dit-il, font moins la sourde oreille depuis les ravages de l’ouragan Katrina.

«Beaucoup de gens ont alors commencé à s’inquiéter du réchauffement de la planète. À y jeter un regard neuf et à en venir à la conclusion que nous avons vraiment besoin de faire quelque chose», explique l’ancien vice-président.

Il espère que son documentaire - «possiblement le film le plus important de l’année», selon le New Yorker - aura aussi un impact sur l’opinion publique.

«Comme le dit le titre de mon film, même si c’est une vérité qui dérange, c’est la vérité, ajoute-t-il. Et la seule manière de trouver une solution est d’accepter que c’est la vérité.»

Ce que refuse encore de faire son ancien rival. En s’obstinant à mettre en doute la menace des gaz à effet de serre, Bush a déjà fait «beaucoup de dégâts», dit Gore.

Et il a une bonne idée de la raison pour laquelle le président ne croit pas à ce péril. À la source de ce déni se trouverait le même trait de caractère qui l’a poussé à croire à la présence d’armes de destruction massive en Irak.

«Il semble enclin à créer sa propre réalité s’il n’aime pas celle qui est partagée par les autres, dit Gore. C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui en Irak. Et il semble faire la même chose avec le réchauffement de la planète.»

Enfin, voici une longue entrevue vidéo avec Al Gore:

mai 29, 2006

Vacances au Soleil, les photos…

Enregistré dans : Généralités, Photographie, Voyage — J-P @ 6:44 pm

Quelques images de nos vacances en Floride, à Pompano, et de notre souper à un sympathique restaurant italien La Veranda, à l’intersection d’Atlantic et de la Fédéral, pour fêter notre premier anniversaire de mariage.  Wow, ça passe vite, un an déjà! 

Pendant que Montréal pataugeait sans arrêt dans l’eau du ciel, Hélène et moi pataugions dans l’eau de mer et le chaud Soleil.  Plage, courses à l’épicerie, lecture, niaisage, enfin toutes les activités par excellence des vacanciers pour recharger les batteries.  C’était aussi une trêve appréciée dans la guerre et les hostilités du travail quotidien, à nos emplois bien sûr.  Allez, un peu de sérieux, place aux images:

      

Petite explication sur la dernière photo.  La tour nord du Silver Thatch a résisté à l’ouragan de l’an passé, mais elle exhibe de grosses cicatrices.  Le plus bizarre, c’est que dans les environs, il semble que seules les deux tours du Silver Thatch ont dû se battre vigoureusement contre les vents violents.  Il n’y a pas eu de dégâts importants aux autres bâtiments à proximité.  Les tours jumelles sont restées debout face à l’assaut des vents terroristes, mais on s’aperçoit aisément de la véhémence du combat en observant la zone dévastée.  

La photo a été prise du niveau de la piscine.  Le coté sud de la tour nord ressemble a un échiquier désordonné de panneaux de contre-plaqué et de fenêtres qui ont résisté à l’assaut des vents.  À certains balcons, des portes ont été aménagées dans les panneaux de bois pour que les gens puissent sortir.  C’est assez surréaliste…  Quant à elles, les deux faces du côté nord de chaque tour ont été moins touchées avec seulement quelques carreaux de fenêtres restaurées en barricades. 

Pour la région, c’est un peu l’histoire du sinistre des tours du World Trade Center, mais à plus petite échelle et qui finit beaucoup mieux.  Les rafales de vents ont remplacé les Boeings et leur impact a été moins destructeur!  La comparaison est évidemment excessive, personne n’est mort, mais je ne pouvais m’empêcher de penser aux défuntes tours jumelles new yorkaises.  Enfin, les cicatrices vont se résorber au rythme des négociations avec les compagnies d’assurance et tout va finir par s’arranger.  Les seules questions à résoudre seront « quand? » et « avec combien de dollars? »

mai 28, 2006

Trois anniversaires à Sherbrooke

Enregistré dans : Généralités — J-P @ 7:43 pm

Nous étions à Sherbrooke en fin de semaine pour fêter un trio d’anniversaires: ceux d’Hélène et de sa soeur jumelle Diane, ainsi que celui de Gérald.  Copieux repas au Paradis d’Asie.

 

La lecture traditionnelle des cartes de fête.  Bonne fête Hélène et gros bisous!

Dimanche, Gérald a donné deux plans de ce lilas à Hélène.  Ils sont en santé et ont été transplantés avec un soin extrème dans les pots pour le voyage vers Montréal.  Beaucoup de terreau, beaucoup d’eau, pas d’air dans la terre.  Une autre histoire à suivre.

mai 26, 2006

Orford: les libéraux au fond du baril…

Enregistré dans : Politique — J-P @ 6:27 pm

Les libéraux de Jean Charest, épaulés par le Ministre Claude Béchard, ont misérablement géré le dossier de la privatisation du mont Orford.  Ils se sont mis la corde autour du cou avec ce projet totalement inutile.  Tout était tellement mêlé dans cette affaire et le gouvernement a si mal expliqué l’idée de ce projet à la population, que je ne n’ai même pas retenu qu’elles en étaient les objectifs.  Un projet de vent, un coup d’épée dans l’eau pour un enjeu dont personne ne voulait à part certains élus obstinés.

Et puis, je me rappelle la perle de la ministre Gagnon-Tremblay qui disait “si vous voulez la montagne, achetez-là!”  Ce brillant commentaire permet bien d’éclaircir les choses et on comprend qu’on ne comprend rien.  Pas fort!  Comme commentaire ou sottise, c’est difficile d’aller plus bas…

J’enfonce le dernier clou du cercueil avec la chronique de Michel C. Auger qui fait l’éloquente démonstration de la fin des mythes et des contradictions du projet d’Orford qui devrait, je l’espère, mourir de sa belle mort.

Orford : la fin des mythes
La commission parlementaire est l’une des belles inventions de la démocratie québécoise. Parce que si un gouvernement essaie d’en «passer une vite» aux citoyens, elle permettra de voir clair dans ses intentions. Ce fut le cas, il y a quelques mois, pour le CHUM. Aujourd’hui, c’est Orford.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le projet de privatisation d’une partie du Parc national du Mont-Orford ne sort pas renforcé de ces audiences. Bien au contraire, la plupart des mythes que le gouvernement Charest avait tenté de créer pour justifier son projet auront volé en éclats.

Le premier de ces mythes – le mythe fondateur, en quelque sorte – c’est qu’il y avait un large consensus dans les Cantons-de-l’Est en faveur du projet du gouvernement. Ce qui n’aurait du être qu’un simple «dossier de comté» aurait viré en crise nationale uniquement à cause de l’intervention de gens de l’extérieur de la région et de militants opposés à toute forme de développement. Des écolos du Plateau ou des amis des petits oiseaux, qui ne peuvent comprendre la réalité d’une région qui souffre économiquement. Les gens de l’Estrie, eux, comprenaient et appuyaient le gouvernement.

C’est ce que répétaient constamment le premier ministre Jean Charest et la ministre Monique Gagnon-Tremblay en brandissant très haut leur titre de député de la région, bien connectés sur le pouls de leurs commettants.

Or, ce que les audiences publiques ont démontré, c’est qu’il n’y a pas, aujourd’hui – et il n’y a jamais eu – de consensus régional autour de l’idée de vendre une partie de la montagne à un promoteur privé pour qu’il y érige des condos.

En fait, un consensus régional est en train d’émerger mais il rejette le projet du gouvernement. Il appuie plutôt l’idée de la municipalité régionale de Memphrémagog qui veut un projet récréotouristique à Orford, avec un hôtel plutôt que des condos et sans sortir la montagne du Parc national qui porte son nom.

Ce projet n’est pas celui d’écologistes verdoyants, mais de gens qui s’occupent de développement économique au niveau local. C’est l’organisme Tourisme Cantons-de-l’Est qui a le mieux résumé leur position : «La vente du domaine skiable pour atteindre les objectifs visés n’a jamais été revendiquée ni discutée en région, a soulevé une désapprobation généralisée tant dans les Cantons-de-l’Est qu’au Québec et fragilise plutôt qu’elle n’avantage, la solution que l’on souhaite mettre de l’avant.»

Le même organisme a aussi dégonflé le second mythe de la position gouvernementale, qui consiste à prétendre qu’il faut vendre un bout de Parc national à un promoteur privé, pour mieux le réhabiliter : «le fait de «refiler» la réhabilitation des milieux dégradés au promoteur privé envoie le message que dorénavant, la protection et la réhabilitation des milieux naturels sont des réalités mieux desservies sur un terrain privé que dans un Parc national en plus de créer une obligation financière disproportionnée au nouveau promoteur».

Si le Mont Orford s’est dégradé, comment prétendre que seul le secteur privé peut régénérer le milieu naturel et que cela est incompatible avec une vocation de Parc national? À l’inverse, obliger un promoteur privé à le faire à ses frais aurait pour effet de miner la rentabilité de tout projet immobilier.

Troisième mythe : celui de l’agrandissement du Parc. Même si le projet de loi 23 s’intitule Loi permettant d’assurer l’agrandissement du parc national du Mont-Orford, il est devenu évident au cours des audiences publiques que l’agrandissement du parc est un projet bâclé à la dernière minute qui ne visait qu’à faire avaler l’idée de privatiser la montagne.

Le but réel du gouvernement n’a jamais été de doubler la superficie du parc et sa priorité n’est aucunement d’assurer la protection de ces terrains, comme en fait foi ce «jardinage» — qui ressemble un peu trop à une coupe à blanc – que continue impunément une compagnie forestière sur ses terres, avant qu’elles ne soient incluses dans le Parc.

Mais surtout, le ministre Claude Béchard n’a jamais été capable de démontrer pourquoi il fallait privatiser une partie du Mont Orford pour doubler la superficie du Parc national. La réalité, c’est qu’il n’y a aucun rapport entre les deux opérations et qu’on pouvait facilement faire l’une sans l’autre.

À la fin de l’exercice, c’est donc M. Béchard qui se retrouve isolé sans avoir réussi à faire la preuve que sa loi spéciale était incontournable. C’est la beauté des commissions parlementaires : elles nous ramènent toujours à l’essentiel. Dans le cas d’Orford, c’est la vente d’un bien public au profit d’un promoteur privé. C’est la vente d’un Parc national qui appartient tous les Québécois à une minorité de privilégiés et de propriétaires de condos.

mai 25, 2006

Fantastique “Planète Blanche”

Enregistré dans : Films — J-P @ 6:56 pm

J’ai eu le bonheur de voir, en début de mai, un autre excellent documentaire sur la vie qui grouille dans l’Antarctique: la Planète Blanche.  Cette œuvre est dans la lignée des deux autres magnifiques documentaires animaliers: Le Peuple migrateur et la Marche de l’empereur, sans tout de fois égaler le fil conducteur admirable de ce dernier où l’on raconte les marches qui ponctuent la reproduction des pingouins empereurs.

Voici le synopsis du film qui le résume mieux que je ne pourrais le faire:

Sous la poussée de forces invisibles, la banquise se brise. Les boeufs musqués courbent l’échine sous le blizzard. Les caribous galopent par milliers dans la toundra. Les ours blancs se défient. Les baleines boréales défoncent la banquise. Le narval dresse hors de l’eau son incroyable dent torsadée.

Du coeur de l’hiver au retour triomphal du soleil, un grand opéra sauvage sur le toit du monde, dans une nature immense et vierge où l’homme n’a pas sa place… La planète blanche ! Théâtre de luttes sans merci pour survivre.

 

Les images sont absolument extraordinaires et d’une grande beauté.  On devine le déploiement des nombreuses ressources techniques, des équipes de repérage, des techniciens et des caméramans qui ont dû travailler à capturer ces scènes étonnantes.  Je retiens du film les magnifiques paysages blancs et les couleurs insoupçonnées des régions polaires, en particuliers les images du monde sous-marin et des organismes multicolores qui se promènent sous les glaces.  Bien entendu, il est question du réchauffement climatique qui gruge les glaces polaires à un rythme de plus en plus inquiétant et par le fait même menace la survie du « seigneur de l’arctique », l’ours polaire.

Ce documentaire est donc un pur délice qui vous transporte dans un monde inaccessible aux communs des mortels que nous sommes.  Je crois que le film va cesser prochainement d’être présenté en salle au très beau cinéma Excentris de la rue St-Laurent.  Alors dépêchez-vous si vous ne voulez pas le manquer!

Voici l’excellent site du film où l’on retrouve beaucoup d’information (textes, photos et la bande-annonce du film) sur la réalisation de l’œuvre et sur l’Antarctique.

Enfin, une critique du journal Voir et une autre critique française.

Succès du Code Da Vinci

Enregistré dans : Films — J-P @ 6:07 pm

En vacances, Hélène et moi sommes allés voir le fameux film tiré du roman bestseller de Dan Brown, le Code Da Vinci.  En 2005, nous avions tous les deux dévoré le roman.  Notre verdict sur l’adaptation cinématographique: celle-ci est divertissante, fidèle au livre et nous l’avons bien aimée.  Bien sûr, l’aventure rocambolesque au sujet de la descendance de Jésus est abracadabrante et n’est pas soutenue ou crédible du point de vue historique puisque la fiction occupe les trois quarts du récit.  Mais, justement, quand on sait que l’on a affaire à une œuvre de FICTION, on se laisse prendre au jeu et à la folie de l’auteur. 

Il y en a qui aiment et d’autres qui n’aiment pas.  Il fallait bien s’y attendre et le Vatican s’en mêle comme on peut le voir dans cette riposte au Code Da Vinci.

LA CROISADE intellectuelle et religieuse, marketing et publicitaire bat son plein avant la présentation, mercredi, du film Da Vinci Code en ouverture du Festival de Cannes. Près de vingt ans après La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese, le best-seller de Dan Brown et le film de Ron Howard ont fait sortir de leurs gonds les plus hauts responsables du Vatican et de l’Église catholique. Subtilement, le Pape a rappelé le 30 avril, au cours de la traditionnelle prière publique dominicale, que «la résurrection du Christ est le point central du christianisme (…). La nier comme on a tenté de le faire de différentes manières et comme on continue à le faire, c’est amoindrir (la) foi».
 
Au Saint-Siège, les prises de position sont allées de la condamnation à la récupération positive du phénomène, en passant par l’appel au boycott. A Pâques, le franciscain Raniero Cantalamessa avait ainsi fustigé devant Benoît XVI des écrits «pseudo historiques».

En fait, les gens qui ont transformé cette histoire en bulle médiatique par leurs nombreuses critiques négatives ou positives tombent dans le piège en faisant de la publicité au film.  Il faut aussi admettre que le temps de l’inquisition et du bûcher est révolu, comme le montre cet extrait d’un article du Figaro: “Les cathos ne feront pas la guerre à Da Vinci“  dont voici un extrait.

“Les gens sont prêts à croire n’importe quoi », reprend Gérard, 50 ans, comme en écho, sur le parvis de l’église parisienne de Saint- Sulpice. Mentionné dans Da Vinci Code, l’édifice est désormais visité par des touristes d’un genre nouveau. « Notre société est déchristianisée. Et c’est sur le terrain de la connaissance et non du dogme que nous devons d’abord agir », poursuit ce paroissien engagé. « Puisque les gens viennent Da Vinci Code à la main trouver des indices dans l’église, profitons-en pour leur parler de la Bible.»
 
Partout, des catholiques tentent de transformer l’intérêt pour les lieux saints éveillés par le livre, en ouverture sur l’église. Le mouvement de rechristianisation « Il est vivant » distribue un véritable manuel pour déjouer les pièges de Da Vinci Code et dissiper ses effluves sulfureuses. Point par point, le guide démonte les affirmations du livre, pour mieux valoriser celles de l’Église.

Le film a été froidement accueilli la semaine passée au festival de film de Cannes.  Les gens se plaignaient de longueurs et des dialogues loufoques entre Tom Hanks et Audrey Tautou qui ne font que parler et dialoguer tout le long du film.  Ils trouvaient qu’il n’y a pas assez d’action…  Je n’ai pas eu cette impression et je ne me suis pas endormi parce qu’il manquait d’effets spéciaux à toutes les minutes.  Oui, c’est un film assez «bavard» avec beaucoup de dialogues, mais ceux-ci sont nécessaires pour mener l’histoire complexe et farfelue à bon port.  De plus, nous avons revu des endroits que nous avons visités l’an passé à Paris dont le Louvre, ce qui a ravivé mon intérêt.

Ainsi, toute la controverse sur le Code Da Vinci n’empêche pas le film d’être lui aussi un immense succès populaire d’après les résultats des ventes qui viennent de sortir.  En fait, on pourrait même dire que la controverse alimente son succès.  Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, le résultat net est une formidable publicité pour le film.  Tant aux USA, qu’ailleurs dans le monde et aussi chez nous au Québec où c’est la ruée comme il est écrit ici.  Le film a globalement rapporté 224 millions durant sa première fin de semaine et casse la baraque.

Voici un texte de fond, Cracking the Da Vinci Code, du site Catholic Answers qui fait la lumière sur les erreurs historiques ou d’interprétation du livre de Brown.

Sur un ton humoristique, voici la critique codée du Code Da Vinci savoureuse et amusante, tirée du nouveau blogue de Stéphane Laporte:

Critique codée du Code Da Vinci
Vous allez sûrement durant les prochains jours aller voir le film Le Vode Ca Dinci (c’est une anagramme pour le Code Da Vinci). Comme c’est un film très compliqué à comprendre, vaut mieux savoir l’histoire avant. Alors c’est l’histoire d’un meurtre qui a eu lieu au Musée McCord (c’est pas vraiment au Musée McCord, mais c’est pour vous faire chercher). On a tué Stephen Harper, le conservateur. Le tueur est un moine albinos, probablement en faveur du mariage gai. On a retrouvé le corps dans la position du célèbre dessin de Sylvie Léonard De Vinci, De Architectura de Vitrine. Vous savez, le gars tout nu écarté avec quatre bras, quatre jambes et un très petit zizi.

La police décide d’appeler Forrest Gump, qui à force de manger du chocolat est devenu symbologiste à Harvard. Il se rend sur les lieux du crime et découvre le fameux code 13-3-2-21-1-1-8-5. Qui serait rien de moins que le numéro de la Master Card de St-Pierre.

Pour l’aider dans ses recherches, Gump fait appel à Amélie Poulain. Et c’est là qu’on comprend pourquoi elle a un fabuleux destin, elle est l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petite fille de Jésus. Son vrai nom c’est Amélie Christ. Car, et c’est là l’épouvantable secret que l’Église tente de cacher depuis des siècles : Jésus a eu des enfants avec la Joconde ! Pas pour rien qu’a sourit ! D’ailleurs si vous regardez comme il faut, le tableau d’Herbert Léonard Da Vinci, vous voyez sur les bras de la Joconde un tatouage sur lequel on peut lire : Jésus loves Mona.

Où on en étais-je déjà ? Ah oui, derrière un autre tableau de Sugar Ray Leonard De Vinci, le symbologiste découvre un clef. Et c’est la clef de la mallette de Deal or no deal, dans laquelle est caché le Saint-Graal, qui est la Coupe Stanley du temps de la Bible. Finalement, la police retrouve le moine dans le marché opus dei. Elle essaie de le faire parler mais c’est pas facile de faire parler un moine quand il décide de se fermer la trappe. Pendant ce temps, Amélie Poulain va à Claire Lamarche pour essayer de retrouver son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière grand-père, qui ressuscite juste avant la fin de l’émission. Et du film.

Franchement, c’est un très bon film, mais je pense qu’ils vont se faire poursuivre pour plagiat. Parce que ça ressemble beaucoup au livre de Dan Brown, Le Code Da Vinci. La seule différence c’est que dans le livre, le symbologiste ressemble pas à Tom Hanks. Il me ressemble. En tout cas, quand moi j’ai lu le livre, il me ressemblait.

Devant le succès du Code Da Vinci, Hollywood a décidé de faire d’autres films sur les codes. Alors, il va y avoir le Code Morse The Movie, c’est bon mais un peu répétitif. Un petit coup, un autre petit coup, un long coup, un petit coup, un moyen coup, un moment donné, on se tanne. Il y va y avoir aussi le Code Morin, c’est l’histoire d’une assemblée syndicale de cols bleus. Ça manque d’action. Et enfin, le Code de la Route avec plein de beaux panneaux à décortiquer. Dont les panneaux de stationnement de Montréal, des heures de plaisir ! Au Québec, on va aussi avoir notre version du Code Da Vinci, ça va s’appeler le Code Murielle Millard et c’est Roy Dupuis qui va jouer le rôle du clown et Carole Laure va jouer le rôle de la peinture.

Maintenant j’aimerais savoir si vous allez vous rendre au cinéma voir le Code Da Vinci, ou si vous préférez lire le livre ou si vous aimez mieux aller à Cape Code. Gênez-vous pas pour écrire des commentaires incompréhensibles, Tom Hanks va les décoder !

mai 8, 2006

Les murailles de Carcassonne

Enregistré dans : Panoramique, Photographie, Voyage — J-P @ 9:14 pm

Nul besoin de la machine à voyager dans le temps de H.G. Wells pour se transporter dans les forteresses médiévales et vivre l’expérience du Moyen Âge.  Avec un peu de temps disponible et les moyens d’aller en Europe, il suffit d’atteindre une ville comme la Cité médiévale de Carcassonne pour explorer à fond les monuments de cette époque.  Une visite à cette ville fortifiée est, sans contredit, un point saillant d’un séjour dans le sud de la France.

Voici le récit de ma chasse photographique en quête d’un point de vue imprenable sur les murailles de Carcassonne.  Tout commence par une carte postale achetée vers midi dans la Cité.  La carte, dont le format panoramique éveille d’abord l’attention de ma tête de panoramiste, montre les murailles sous l’éclairage féérique de la nuit.  Je suis ébahi, les forteresses éclairées et les dômes rouges et bleus des tourelles illuminées par les projecteurs dansent presque sous le ciel bleu saturé du crépuscule.  La scène saisissante révélée par la carte postale est absolument splendide et le projet de capturer ma propre version de l’image nait à cet instant.  Voici la fameuse carte postale du photographe Paul Palau (cliquer pour la grossir):

Je demande à des vendeurs et des guides touristiques s’ils savent d’où est-ce que cette vue de la ville avait été prise selon eux.  Les gens hésitent en tenant la carte postale comme s’ils sont penchés sur un dur problème de mathématique.  La ville fortifiée est circulaire et il n’est pas évident de reconnaitre le point de vue de la carte.  Il faut parvenir à identifier quelques bâtiments, la Basilique Saint Nazaire, les tourelles.  Puis enfin une réponse semble plus convaincante et m’inspire un peu plus confiance par l’assurance de la jeune guide touristique de la cité.  La carte géographique de la ville aidant à mûrir mon plan, il devient plus clair maintenant que l’image avait été prise de l’autre côté de la rivière Aude.  Avait-elle été croquée du Pont Vieux, du Pont Neuf ou d’une rue de la ville?  Je ne sais pas exactement, il faudra donc chasser et repérer en temps et lieu comme il est souvent nécessaire de le faire en terrain inconnu.

En soirée, après le coucher du Soleil, je convaincs Hélène de venir avec moi pour la chasse aux remparts éclairés.  Un peu d’hésitation, puis ça y est, elle est d’accord.  Nous sortons donc en voiture de la Cité médiévale. 

Après le vieux pont d’Avignon, voici un autre vieux pont et fier de l’être!  Le Pont Vieux de 210 mètres de longueur date du Moyen Âge, de 1359 pour être précis, et il est resté très longtemps l’unique lien de pierre entre la Bastide Saint Louis et la Cité.  Une première visite à pieds sur le Pont Vieux est intéressante pour découvrir ce pont historique, mais le point de vue sur la Cité est plutôt décevant.  Les mots se cognent à rebours dans ma tête la première fois que je lis le nom du pont sur l’enseigne.  Ce vieux pont se nomme le Pont Vieux!  Il y a quelque chose qui cloche dans ces mots, je pense me tromper, je relis l’enseigne et le nom finit par s’installer. 

Par contre, ce n’est pas le bon endroit pour contempler la cité flamboyer sous les feux de la nuit puisque la vue est partiellement obstruée.  Nous reprenons la voiture pour traverser l’autre pont, judicieusement nommé le Pont Neuf.  Décidément l’originalité des noms de ponts à Carcassonne a de quoi décontenancer le visiteur.  Vous devinez ainsi que le Pont Neuf est d’un âge beaucoup plus moderne que le Pont Vieux, sur lequel les véhicules ne peuvent passer.  Ça doit bien être là qu’il faut aller après tout, comme la guide me l’avait indiqué.  En roulant sur le Pont Neuf et en retournant ma tête vers l’arrière à ma gauche, je comprends que j’ai trouvé la clé de mon énigme.  Jackpot!  La forteresse, avec en prime le Pont Vieux à sa droite, est parfaitement visible.  Il faut garer la voiture tout près et revenir à pied sur le trottoir du pont.

C’est le «must ou le top du top», comme disent les français, le soir quand les murailles sont éclairées.  L’effort de cette courte sortie en voiture à l’aube de la nuit, à l’extérieur de la cité fortifiée qui brille sous les feux artificiels, est récompensé par la scène qui s’offre devant nous.  Une vue à couper le souffle sur l’ensemble de la cité fortifiée et le Pont Vieux, qui s’étale sur près d’un kilomètre.  Des remparts gallo-romains au Nord, en passant par le Château Comtal, les Tours de l’Inquisition, de la Justice, de l’Évêque, la Basilique Saint Nazaire au Sud, tout ou presque est là devant nos yeux ébahis… 

Sous l’éclairage artificiel des projecteurs et des réverbères, je photographie la cité médiévale et le Pont Vieux qui enjambe l’Aude.  En y pensant bien, je ne m’attendais pas à ce que la scène nous présente la cité et le Pont Vieux dans une seule vue panoramique puisque la carte postale présentait uniquement la forteresse médiévale.  C’est donc une belle et agréable surprise pour nous deux et pour mon ensemble caméra-trépied chasseur d’images. 

J’installe rapidement mon trépied, sors le téléobjectif, l’appareil photo et le fil déclencheur souple car il fait nuit et rien ne doit bouger ou vibrer durant l’exposition.  Quinze minutes pour capter deux séquences de 15 images et un autobus plein de japonais plus tard, puis on repart.  Clic, clic, clic, vroum, vroum!

Voici le résultat du panoramique de Carcassonne.  (Cliquer sur l’image pour apprécier la résolution de la photographie et le détail des monuments)

À bien analyser ma photographie et en la comparant avec la carte postale, on se rend aisément compte que le point de vue et l’heure de la journée entre les deux images sont différents.  Ce n’est pas grave, puisque mon image est différente, personnelle et bien à moi.  Après tout, c’est ma propre version de la Cité dans son environnement et je suis bien heureux du résultat accompli en une seule soirée sur le site!  Je l’ai soumise sur Wikipedia et la réaction des gens est unanime, quelques “supports”, des “strong supports” et même un « fortified » support!  Si la tendance et le consensus se maintiennent, elle devrait atteindre le statut de « featured picture » d’ici la semaine prochaine! 

On doit à l’architecte français du 19ième siècle, Eugène Viollet-le-Duc, la restauration de la ville fortifiée, ainsi que celle de plusieurs autres édifices célèbres comme la cathédrale Notre-Dame de Paris.  Voici un extrait d’un texte de Viollet-le-Duc portant sur le projet de Carcassonne.  Le texte complet et captivant de l’architecte se trouve ici.

La Cité de Carcassonne - Description des défenses 

J’ai voulu donner un résumé très-succinct de l’histoire des constructions qui composent l’enceinte de la cité de Carcassonne, afin d’expliquer aux voyageurs curieux les irrégularités et les différences d’aspect que présentent ces défenses dont une partie date de la domination romaine et visigothe et qui ont été successivement modifiées et restaurées, pendant les XIIe et XIIIe siècles, par les vicomtes et par le roi de France.
     Quand on se présente devant la cité de Carcassonne, on est tout d’abord frappé de l’aspect grandiose et sévère de ces tours brunes si diverses de dimensions, de forme, et qui suivent, ainsi que les hautes courtines qui les réunissent, les mouvements du terrain pour obtenir un commandement sur la campagne et profiter autant que possible des avantages naturels offerts par les escarpements du plateau, au bord duquel on les a élevées. Du côté oriental est ouverte l’entrée principale, la seule accessible aux charrois, c’est la porte Narbonnaise défendue par un fossé et une barbacane garnie de meurtrières et d’un crénelage avec chemin de ronde. L’entrée est biaise, de façon à masquer la porte de l’ouvrage principal. Un châtelet, qui peut être isolé de la barbacane, la précède, à cheval sur le pont qui était composé de deux tabliers mobiles en bois, dont, les tourillons sont encore à leur place. Cette barbacane et le châtelet sont ouverts à la gorge afin d’être battus par les défenses supérieures de la porte Narbonnaise, si ces premiers ouvrages tombaient au pouvoir de l’ennemi.
     Du côté extérieur, les deux grosses tours entre lesquelles est ouverte la porte, sont renforcées par des becs, sortes d’éperons destinés à éloigner l’assaillant du point tangent le plus attaquable, de le forcer de se démasquer, à faire dévier le bélier (bosson en langue d’Oïl), ou à présenter une plus forte épaisseur de maçonnerie à la mine.
     L’entrée était d’abord fermée par une chaîne dont les attaches sont encore à leur place et qui était destinée à empêcher des chevaux lancés d’entrer dans la ville. Un machicoulis protége la première herse et la première porte en bois avec barres; dans la voûte est percé un second machicoulis, puis on trouve un troisième machicoulis devant la seconde herse. Il n’était donc pas facile de franchir tous ces obstacles. Mais cette entrée était défendue d’une manière plus efficace encore en temps de guerre.
     Au-dessus de l’arc de la porte, des deux côtés de la niche occupée par la statue de la Vierge, se voient, sur les flancs de chacune des deux tours, trois entailles proprement faites; les deux voisines de l’angle sont coupées carrément et d’une profondeur de 0m,20, la troisième est coupée en biseau comme pour recevoir le pied d’un lien de bois ou d’un chevron incliné. Au-dessus de la niche de la Vierge on remarque trois autres trous carrés profonds, destinés à recevoir des pièces de bois formant une forte saillie. Ces trous recevaient, en effet, les pièces de bois d’un auvent formant une saillie prononcée au-dessus de la porte, protégeant la niche et les gens de garde à l’entrée de la ville…

mai 7, 2006

Retour sur l’éducation et la “nouvelle histoire”

Enregistré dans : Généralités, Politique — J-P @ 6:04 am

On publie ces jours-ci des articles dans La Presse sur le fait que plusieurs enseignants quittent après quelques années de travail.  Une jeune enseignante dans la trentaine qui a une douzaine d’années d’ancienneté dit que depuis 2 ans, la réforme scolaire est tellement floue, que la situation est si déplorable qu’elle songe à réorienter sa carrière.  Elle est près d’un burn-out.   Je lisais aussi la lettre ouverte d’un enseignant dans la soixantaine qui ne recommencerait pas sa carrière aujourd’hui et que la seule raison pour laquelle il continue d’enseigner dans ce système tout croche, c’est parce qu’il est trop vieux pour faire autre chose!  C’est encourageant…

Aussi, les statistiques montrent que c’est maintenant  le tour, de plus en plus, des professeurs d’université qui décrochent comme on le raconte ici.  Pas étonnant, ils ne peuvent presque plus comprendre les étudiants qui ne communiquent pas efficacement leurs pensées car ils ne maitrisent pas leur langue.  En fait, le problème ce n’est pas les jeunes, mais la gibelotte administrative, le système en décrépitude, la charge de travail excessive et la réforme de l’éducation qui embourbent les professeurs. 

Voilà maintenant que le gouvernement veut revoir le programme d’histoire pour en éliminer les conflits qui ont façonné notre passé.  À continuer de voir la dégradation du système d’éducation au Québec, on constate que l’armée de fonctionnaires du ministère de l’éducation travaille fort à réussir sa destruction complète.  Au lieu de bâtir un bon système et d’améliorer les programmes, l’armée de fonctionnaires le détruit misérablement.  On passe d’échecs en échecs et on nivelle par le bas.  Après le sabotage de la langue et des évaluations des élèves, on passe à celui de l’histoire.  Au moins, on ne peut pas dire que les fonctionnaires sont payés à ne rien faire!

Voir ce texte plein d’ironie de Richard Martineau qui fait réfléchir sur cette “nouvelle version” de l’histoire qu’on s’apprête à raconter à nos jeunes:

L’Histoire gnan-gnan
 
Ainsi, le nouveau cours d’Histoire qui sera donné à l’école secondaire mettra l’accent sur le rôle du citoyen et l’apport des communautés culturelles à la construction du Canada.

Ça vous surprend, vous?
Pas moi.

La chicane, au Québec, on n’aime pas ça. On préfère le consensus, l’unanimité, la bonne entente. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Comme disait ma mère quand je me disputais avec ma soeur: “Accordez-vous, c’est si beau, l’accordéon!”

Le nouveau cours d’Histoire est parfaitement représentatif de cet état d’esprit. “Ah, que c’est beau, le Canada! Tout le monde main dans la main, les Amérindiens, les Haïtiens, les Italiens, les francophones, les Chinois, les Tamouls… Une belle farandole multicolore, multiculturelle et multilingue, qui chante les beautés de la nature d’un océan à l’autre.”

On se croirait à Disney World: “It’s a small world after all, It’s a small world after all…”
Plus gnan-gnan, tu meurs.

La conscription? Le lac Meech? La Conquête? L’Acte d’Union britannique? La révolte des Patriotes? Connais pas! Ce sont des détails de l’Histoire, des petites chicanes sur lesquelles il n’est pas nécessaire de revenir. À quoi bon rouvrir d’anciennes plaies? Let the sleeping dogs lie.

Bien oui, il y a des francophones au Canada. Mais il y a aussi des gens qui parlent le serbo-croate, l’allemand et le mandarin. Pourquoi faudrait-il se concentrer seulement sur les rapports entre les Français et les Anglais? Il y a tant de communautés culturelles au Canada, pourquoi ne profiterions-nous pas de cette richesse?

Et puis, cessez de nous casser les couilles avec vos peuples fondateurs! Tous les peuples qui ont participé à la construction de ce beau et grand pays méritent d’être considérés comme des peuples fondateurs! Les Irlandais, les Danois, les picaros, même les Vikings, pourquoi pas?

C’est ça, être citoyen: arrêter de se regarder le nombril, cesser de se gratter le bobo, jeter des ponts entre les communautés plutôt que de raviver de vieilles rancunes, s’ouvrir sur les autres, arrêter de dire: “Et moi, et moi, et moi…”

Bon, oui, les Anglais n’ont pas toujours été gentils envers les Français. Et alors? Le massacre des Amérindiens est bien plus grave! Et que dire des ressortissants japonais qui ont été internés dans des camps pendant la Deuxième Guerre?

Non, vraiment: cessez de pleurnicher et de toujours voir le verre à moitié vide.

Il est beau, le nouveau cours d’Histoire. Il est jovial, optimiste, il célèbre la diversité, il met l’accent sur la solidarité plutôt que sur l’affrontement, sur la bonne humeur plutôt que sur le ressentiment. Fini, le misérabilisme!

Vous voulez savoir qui étaient les Patriotes? Vous louerez les films de Michel Brault et de Pierre Falardeau, c’est tout! Après tout, l’Histoire d’un pays, c’est long, on ne peut pas parler de chaque petit événement, il faut faire des choix, arracher la mauvaise herbe, séparer le bon grain de la mauvaise graine…
ooo
On se demande, après ça, pourquoi il y a autant de jeunes profs qui décrochent et qui se tapent des burn-out après trois ans de travail.

Vous vous imaginez prof, vous?

Au nord, des technocrates qui chient des réformes à tous les trimestres. Au sud, des parents qui ne s’occupent pas de leur progéniture et qui vous demandent non seulement de l’éduquer mais de l’élever. À l’est, des ados habillés comme des leaders de gangs qui pitonnent sur leur Blackberry et qui vous envoient chier. Et à l’ouest, un syndicat qui croit que la meilleure façon de sensibiliser la population à la dure réalité des profs est de boycotter les activités culturelles.

L’enfer…

Et tout ça pour un salaire hyper-ordinaire.

Sincèrement, je préférerais ramasser de la merde d’éléphant dans un cirque ambulant. Je trouverais ça plus satisfaisant.

“Ne dites pas à ma mère que je suis professeur au secondaire, elle croit que je vends de la coke pour le cartel de Medellin…”

On vient de ressortir Les Filles de Caleb en DVD. Je pense que je vais le montrer à mes filles, ce week-end. Pensez-y: une prof qui est respectée par sa communauté, une prof qui est admirée, aimée, traitée avec déférence!

Mes enfants vont trouver ça plus pété que Le Seigneur des Anneaux… 

mai 4, 2006

L’image du Panthéon au Panthéon…

Enregistré dans : Panoramique, Photographie, Science, Voyage — J-P @ 8:43 pm

Je ne peux m’empêcher de faire un jeu de mot facile.  Mon image du Panthéon de Paris se retrouve maintenant au « Panthéon » de l’encyclopédie Wikipedia!  Je suis pas mal heureux puisque mon image panoramique a atteint le valeureux statut de « featured picture »!  J’avais soumis l’image originale quelque peu asymétrique et comme je m’y attendais des participants l’ont recadrée pour la rendre parfaitement symétrique.  Le résultat de l’opération est réussi puisque la photographie est ainsi plus « efficace » et plait davantage à l’oeil.

Je me rappelle bien du moment où j’ai pris les cinq images qui composent cette vue panoramique couvrant un peu plus d’un demi-cercle, soit 180 degrés.  C’était le 24 mai 2005, le lendemain de notre arrivée à Paris.  Hélène et moi en étions à notre première journée complète et donc à nos premières excursions dans la capitale française et plus particulièrement dans le quartier latin.  Juste avant d’entrer au Panthéon, nous avions visité la merveilleuse église Saint-Étienne-du-Mont, située juste à proximité du Panthéon.  D’ailleurs, durant notre séjour, c’est l’église qui m’a le plus impressionnée à Paris.  Une des raisons est que nous étions à peu près seuls dans l’église ce qui rendait son exploration agréable.  Tout le contraire de l’intérieur de Notre-Dame où il fait beaucoup plus sombre et où les gens se marchent sur les pieds.  En plus, à Notre-Dame, un garde de sécurité m’avait interdit d’utiliser mon trépied.  La goutte qui a fait déborder le vase et qui m’a agacé légèrement… 

Donc, nous étions là, à l’intérieur du Panthéon, en face du célèbre pendule de l’astronome Foucault qui prouva dans cet illustre lieu que la Terre tournait autour de son axe!  La grandeur et la majesté de l’édifice sont stupéfiantes, un peu comme un intérieur d’église, mais les symboles religieux en moins.  Le sentiment d’être dans un temple qui n’est pas tout à fait une église nous imprègne et évoque la coexistence parfois difficile de la foi et de la science.  Nous sommes ici avant tout au royaume des arts, de la science et de grands écrivains tels que, entres autres, Rousseau, Hugo, Voltaire et Zola qui reposent dans les tombes du Panthéon.  Décidément, ce n’est pas banal et toujours surprenant! 

La vaste architecture intérieure du Panthéon est sublime à mes yeux.  Mon coup de cœur pour cette immense place centrale est  l’harmonieux  agencement et le contraste entre les couleurs des tableaux géants entourant les imposantes colonnes.  De la couleur vivante qui encercle la pierre morte en noir et blanc…

Si vous êtes férus d’histoire et de monuments célèbres, ces articles sur le Panthéon de Paris (en français ou en anglais) sauront vous satisfaire.  Vous y remarquerez en prime ma contribution à l’encyclopédie avec mon image, si évidemment personne n’a jugé bon de la retirer des articles!

Revenons à la prise de vues.  Aucun employé ne m’a empêché d’installer mon trépied, mais contrairement à mon habitude, j’ai expérimenté en photographiant les images à main levée au lieu d’utiliser le pied manfrotto et sa tête panoramique pour faire pivoter mon appareil.  Comme je n’avais à prendre que peu de photos, je me doutais bien que je n’aurais pas de problèmes lors de l’assemblage des images à l’ordinateur.  En effet, normalement pour une vue panoramique cylindrique sur 360 degrés ou une vue sphérique à 180 x 360 degrés, il vaut mieux utiliser le trépied et la tête panoramique pour que l’appareil photo tourne exactement autour de la pupille d’entrée de l’appareil.  On évite de cette façon les erreurs de parallaxe entre les objets de premier plan et ceux d’arrière plan, ce qui complique énormément le raccordement des images lors de l’assemblage.  Parenthèses techniques à ce sujet, j’apprenais récemment sur l’excellent site de Arnaud Frich que plusieurs personnes font référence au point nodal de l’appareil alors que c’est en fait la pupille d’entrée qui doit être le centre de l’axe de rotation.

Enfin, voici la discussion qui a mené à la « promotion » de la photo. 

mai 3, 2006

Sage décision pour le terroriste Moussaoui

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 8:17 pm

Je suis d’accord avec la sentence de prison à vie pour le terroriste Moussaoui qui était impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001.  Le message lancé ici est que l’occident ne répond pas par la barbarie des terroristes en le condamnant à mort.  Ici, en occident, la vie à encore une valeur et on évite de répéter “officiellement” les atrocités des terroristes.  Pour une fois, la justice porte la tête haute et se comporte en gentlemen civilisé. 

Comme le commente sur son blogue et dans l’extrait suivant le journaliste américain réputé Andrew Sullivan, les américains ne sont pas tombés dans le piège en transformant Moussaoui en martyr.  Bonne décision!

Moussaoui.  A vile human being. I oppose the death penalty, but if I had to make an exception, it would be him. That said, I wasn’t on the jury, didn’t hear all the evidence, and the system gives them the power to decide such a sentence. The silver lining is that we do not make this monster a martyr. The rule of law was followed; our society allows even this murderous religious fanatic due process. In that sense, Moussaoui got this wrong as he has gotten everything else wrong. He lost. America won. And the fight against him and his allies continues.

Enfin, l’analyse de Dahlia Lithwick du magazine Slate va dans le même sens:

This decision, which will doubtless bring with it some serious national fallout, is more subtle, and more courageous, than the prosecution itself. Acting as a check on a runaway state, these jurors refused to allow a government needing a scapegoat and a man wishing for martyrdom to stand in the way of the facts. These jurors understood that for this country to kill a terrorist for his ideas, hopes, and dreams is not much different than the terrorist’s desire to come here and kill us for ours.

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