Sur la piste de J-P

décembre 15, 2006

L’avocat Stéphane Gendron en colère contre le Barreau

Enregistré dans : Actualité — J-P @ 11:21 pm

Voici un billet du journaliste Patrick Lagacé au sujet de la fameuse sortie de Stéphane Gendron et de sa réplique au comité de discipline du Barreau du Québec. C’est en rapport avec la juge Côté, qui est une juge qui avait passablement manqué de jugement dans l’affaire du pédophile Luc x dont je parlais ici. Le vidéo est absolument spectaculaire et il doit mettre en rogne les gens du Barreau…

Stéphane Gendron n’est pas qu’un Personnage Coloré du paysage médiatique québécois, c’est aussi un avocat. Et le Barreau considère qu’un avocat est toujours un avocat, même quand celui-ci est animateur de télé ou de radio. C’est pourquoi le Barreau a sanctionné Me Gendron après que celui-ci eut joyeusement varlopé une juge qui avait rendu une sentence trop légère à son goût (et il n’avait pas tort) dans une affaire de père qui avait agressé sexuellement sa fillette. Conduite indigne d’un avocat, a-t-on décrété.

C’est connu, le maire a ensuite vilipendé le Barreau sur toutes les tribunes. Ce qui est un peu passé sous le radar, c’est que Gendron, à son émission L’avocat et le Diable, à TQS, a récemment brûlé en ondes la décision du Barreau ! Rien de moins. C’est ici sur YouTube… Comme on dit : priceless. Personnellement, j’aurais aimé que le papier brûle un peu plus, mais on ne peut pas tout avoir. Faudra imbiber le papier d’un soupçon d’essence, pendant la pause publicitaire, la prochaine fois, Stéphane : grosses flammes garanties…

La sécurité du palais de justice, Only in Quebec…

Enregistré dans : Actualité, Généralités — J-P @ 10:16 pm

Qu’il est beau et puissant le pouvoir des médias et des vérificateurs généraux en permettant de déterrer constamment les moins bons coups de notre collectivité afin de nous forcer à faire de « l’amélioration continue » et de la réingénierie. Le principe de l’amélioration continue n’est pas uniquement efficace pour les entreprises, il l’est aussi pour l’état.

Pensez-y, il n’a fallu que d’un seul jeune journaliste allumé du Globe and Mail, Daniel Leblanc, pour faire tomber le gouvernement libéral de Paul Martin et faire éclater le scandale des commandites. Il n’a fallu que de l’enquête de deux journalistes américains du Washington Post, Carl Bernstein et Bob Woodward, pour pousser le président des États-Unis, Richard Nixon, à démissionner lors du Watergate! Pour contrebalancer le pouvoir politique, les médias sont vraiment « l’autre pouvoir » de notre époque.

C’était une petite introduction pour présenter un autre exemple bien à nous de notre «logique québécoise» qui semble souvent défier les lois du bon sens. Il est tiré de la chronique Les procureurs ont raison dYves Boisvert parue aujourd’hui dans La Presse. Je sais, je cite souvent les journalistes de La Presse dans mes textes, mais que voulez-vous comme dirait Jean Chrétien, c’est le seul journal que je lis quotidiennement. Tant mieux, l’an passé je ne la lisais pas, alors j’en profite maintenant.

Ainsi, Yves Boisvert traite dans sa chronique de la sécurité au palais de justice de Montréal qu’il qualifie de carrément «irresponsable». En effet, il n’y a pas de contrôle à l’entrée du palais de justice. Tout individu bien ou mal intentionné peut y entrer comme dans un moulin. Récemment, les membres des gangs de rue font de l’intimidation et se promènent masqués dans les corridors. Les procureurs et les jugent s’en plaignent à juste droit. Je suis de l’avis du journaliste qu’il n’est pas bon d’attendre passivement des attentats majeurs avant d’agir en prenant les mesures nécessaires. Ce n’est tout simplement pas acceptable que nous ne prenions pas plus au sérieux la sécurité de notre palais de justice, un lieu avec tant de tensions où avocats, juges et criminels se côtoient sans cesse. Le projet d’installer des barrières de sécurité a été proposé aux fonctionnaires. Lisez les entourloupettes et les réponses des administrateurs qui s’opposent à ce qu’on mette en place ces mesures de sécurité. Ils sont vraiment en manque d’imagination pour trouver des solutions concrètes, mais ils sont bien habiles pour trouver des arguments pour s’opposer aux solutions possibles. Cela va déranger les fonctionnaires. Nous n’avons pas d’argent. C’est un pur gaspillage de créativité, si vous voulez mon avis. En fait, on ne veut pas envoyer un homme sur la lune, on veut juste que le palais de justice soit plus sécuritaire!

De l’autre côté de la rue, à la cour d’appel où le besoin de sécurité se fait moins sentir, il y a une arche de sécurité. Ce Qu’il Fallait Démontrer sur la logique québécoise et ses paradoxes, CQFD. Bravo! The Quebec way, pourrait-on dire d’un ton sarcastique. Only in Quebec!

Voici un extrait du texte du journaliste :

Pourquoi faut-il plus de sécurité au palais de justice ? Parce que les temps ont changé. Pas seulement à cause des gangs de rue, dont ma collègue Caroline Touzin parlait cette semaine, et qui se livrent à de l’intimidation. Pas seulement à cause de possibles attentats terroristes. C’est aussi à cause de toutes sortes de gens dérangés qui sont susceptibles d’entrer dans le deuxième palais de justice en importance en Amérique du Nord.

Les procureurs ne sont pas les seuls à réclamer cette mesure de sécurité. Les juges aussi en font la demande. On répond à Québec que si on installe des arches, il faudra plus de personnel, et donc qu’on retirera les policiers qui patrouillent le palais. Ça n’a pas de sens. Les palais de justice sont des endroits de crise, de grande tension, de violence contenue. Il faut une présence policière soutenue.

On dit aussi que ces arches causeront des problèmes de circulation, et que bien des fonctionnaires se rendent travailler à tout autre chose que des procès. C’est vrai. Comme il est vrai que les mesures de sécurité dans les aéroports sont un inconvénient. Mais plus personne ne les remet en question. Il faudra s’adapter.

Les coûts ? Qu’on impose un autre tarif, on est très bon à Québec pour trouver des tarifs !

Ce n’est pas de la paranoïa, c’est un constat. Après les attentats terroristes des dernières années, avec la montée de diverses criminalités, en sachant aussi que les affaires judiciaires cristallisent toutes sortes de problèmes psychologiques, et sont donc un terreau fertile pour des explosions de violence, on est obligé de considérer le palais de justice de Montréal comme un endroit prioritaire pour l’installation de mesures de sécurité plus rigoureuses.

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