Article sur les photos des ruines de Détroit
Le Journal de Montréal a publié un article sur certaines de mes images panoramiques de Détroit aujourd’hui. L’article est disponible en cliquant sur l’image:
Le Journal de Montréal a publié un article sur certaines de mes images panoramiques de Détroit aujourd’hui. L’article est disponible en cliquant sur l’image:
Mes images de Michigan Central Station suscitent des réactions un peu partout sur le web tant aux USA qu’ici au Québec. Bien sûr il y a eu la chronique dans le Détroit News. Le blog américain, Absolute Michigan, en parle aussi.
Au Québec, les journalistes Steve Proulx de Voir et Dominic Arpin font de même.
C’est aujourd’hui que le Detroit News, un quotidien de Détroit, publie dans sa une un article sur mes images de Michigan Central Station. La chronique de Neal Rubin, Photographer’s panoramic vision turns decay into art est ici ou en cliquant sur l’image. Elle a débuté discrètement en troisième position sur la une du site ce matin et maintenant elle prend la pôle position! Disons que la nouvelle fait ma journée
Mise-à-jour: Neil Rubin m’a écrit cette semaine pour dire que la chronique avait été très populaire au Detroit News. Il rapporte: “I noticed that the column was the most e-mailed and one of the most read on our Web site all day Sunday … Either you have an enormous number of friends, or a lot of people were intrigued by your photographs.” Je penche pour sa deuxième explication!
La salle d’attente de la station de trains abandonnée, Michigan Central Station de Détroit. Projection stéréograhique. Cliquez sur l’image pour la visite virtuelle.

Petite planète de Michigan Central Station: JP Lavoie
Comme vous avez pu le remarquer dans quelques billets précédents, je suis allé faire une petite tournée du côté de Détroit aux USA. J’ai pu pénétrer à l’intérieur du symbole ultime du déclin de l’empire américain, l’ancienne gare de trains Michigan Central Station. Elle est abandonnée depuis 1988 et laissée à elle-même, aux vandales et pilleurs. La ville aurait décidé de la détruire, mais il y a de la contestation. Le climat économique de Détroit, le berceau de l’automobile, est très mauvais. Je n’ai jamais vu autant de pauvreté, les habitants en majorité des noirs habitent dans des baraques, placardées, des maisons pillées. Peu rassurant de se promener par là! Puis il y a des banlieux super riches habitées par les magnats de l’automobile qui se sont amassé une fortune collossale avant que GM ne tombe en faillite.
Pour en revenir à la station, j’étais un peu incrédule à l’intérieur de cet édifice monumental complètement dévasté comme si la guerre était passée par là. Je suis resté moins d’une heure, le temps de réaliser cette visite virtuelle en 5 panos. Pour cette petite heure de prises de vue, j’ai mis plusieurs jours de travail pour produire mes images. Cliquez sur l’image pour visiter la station.
D’autres pano-reportages viendront pour montrer les ruines de l’industrie automobile, la rennaissance de GM avec ses nouvelles tours colossales et sa “ré-invention”. Il faut seulement que je prenne le temps de produire toutes ces images.
La vitesse du web est rapide. À peine après avoir passé 2 jours dans la ville et avoir posté mes premières photos de ma visite à Détroit, j’ai déjà mes premieres réactions médiatiques. Un columnist du Detroit News, Neal Rubin, m’a rejoint hier au téléphone pour une entrevue sur mon travail et pour en apprendre plus sur moi. Il publiera une chronique à mon sujet dans l’édition web de dimanche du Detroit News. “Your work is absolutely stunning!” me disait-il, complètement admiratif, ce qui m’a donné une petite gêne tout en gardant la tête froide en pensant que c’est beau les compliments, mais ce ne sera pas le Detroit News qui m’aidera à m’acheter du beurre, pas directement du moins. Par contre, cette reconnaissance et ces rebondissements médiatiques sont très motivants pour continuer mon travail et puis aident à propager la bonne nouvelle pour se payer du vrai beurre.
Je lui ai parlé de ma réaction d’étonnement devant le contraste ahurissant entre la pauvreté et la richesse, les zones dévastées, les maisons et industries abandonnées et les riches qui vivent dans leurs forteresses dorées. Le columnist m’a demandé si je me rappellais une scène du film “Wizard of Oz” lorsque la petite fille franchit une ligne de démarcation et puis tout était beau et coloré. Il raconte qu’on a la même impression en roulant sur Jefferson Drive avant d’entrer dans les localités riches. Tout d’un coup tout est beau, tout est propre à partir d’un point précis, on quitte le Détroit en ruines.
Je luis confiais que les gens étaient étonnés lorsque je disais que j’allais à Détroit, une destination qui n’a rien de touristique. Pourquoi aller à Détroit m’a demandé une résidente qui rentrait chez elle en avion? Pour voir les ruines de la ville! Rubin m’a dit qu’il s’est fait demandé la même chose en quittant la Californie pour aller à Détroit en 2000. Pourquoi aller à Détroit?
Donc pour un petit séjour de 2 jours dans une ville que je ne connaissais pas, on parlera de moi dans les journaux de la ville. Ce n’était pas mon objectif, mais c’est pas mal, non? Permettez-moi que je me donne une grosse tappe d’encouragement dans le dos! Avec tout le travail de production qui s’en vient, j’en ai besoin. Je vous reparlerai de la chronique des “States” lorsque je l’aurai lue.
Ce fut jadis une grande station de train. Tout s’est arrêté en 1988. Depuis, c’est une immense cathédrale des temps modernes laissée à elle-même. Qu’arrivera-t-il à ce temple en ruine? Quelques images de cette épave:


Le Renaissance Center avec ses tours GM a de quoi surprendre. Une merveille d’architecture circulaire. À l’intérieur, des voitures sont exposées dans la partie centrale. Sur les pancartes on lit en grosses lettre “GM, re: invention”. Oui, GM doit se réinventer et ça presse! Puis, il y a du gazon sur les toits inférieurs (je ne suis pas allé plus haut…)

Le gazon pousse sur les toits inférieurs du Renaissance Center


Nous connaissons tous les différences entre les riches et les pauvres, une réalité universelle. Mais il faut aller à Détroit pour expérimenter le choc des classes et des différences raciales. La pauvreté absolue de la majorité noire de la ville qui décline et la richesse effrontée des blancs riches à craquer dans la banlieu de Détroit, celle d’Henry Ford, Grosse Pointe Farms.
Une petite distance de quelques kilomètres sépare ces deux mondes qui ont très peu en commun. Le paradis douillet des riches qui vivent dans des mansions au luxe inoui et la misère toute nue des pauvres de Détroit réfugiés dans leurs taudis. Il faut du temps pour absorber toutes ces contradictions, si vous êtes comme moi un spectateur parachuté dans ce monde étonnant. Rien de mieux que quelques images pour évoquer cette réalité brutale.

La maison de pauvres noirs, fenêtres cassées, ouvertures placardées.

Un mendiant de Détroit

La richesse démesurée des blancs à Grosse Pointe Farms…
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