Grâce à mon ami Martineau, je vous présente une des meilleures annonces publicitaires que j’ai vue à date, moi aussi. Un petit chef-d’oeuvre carrément génial! Aussi, comme je conduis une Honda Accord qui fête son 10ième anniversaire et ses 205 000 km au compteur, cette annonce a de quoi me ravir.
La réalisation de la publicité a duré plusieurs mois et pas moins de huit personnes y ont travaillé à temps plein. Il aura fallu faire beaucoup d’essais et de tests pour faire bouger avec précision toutes les pièces de la célèbre automobile dans cette longue séquence acrobatique. Regardez le clip vidéo jusqu’à la fin et vous allez comprendre.
De plus, ce qu’ils disent est vrai. Je parle par expérience, THAT CAR WORKS!
Il y a beaucoup d’informations sur cette publicité qu’on appelle “Cog”, presque complètement faite sans trucage et effets spéciaux, dans cet article sur Wikipedia.
Un documentaire sur la réalisation du vidéo est ici.
Pour nous changer de l’esprit erratique de Mme Wong, voici un asiatique qui, lui, a quelque chose de merveilleux à nous présenter.
En décembre 2005, le jeune guitariste Koréen de 22 ans, Lim Jeong-Hyun, a diffusé sur Youtube son interprétation du Canon de Pachelbel. Son clip vidéo a été visionné plus de neuf millions de fois et a propulsé le jeune homme vers une renommée internationale.
Voyez son jeu de mains sur l’instrument et, surtout, écoutez sa musique. Si Mozart avait joué de la guitare, il n’aurait pas mieux fait. C’est absolument génial et presque magique! Tellement extraordinaire, que je l’ai fait jouer trois ou quatre fois de suite…
Voici une séquence vidéo capturée par des gens qui habitaient à quelques centaines de mètres des tours du World Trade Center en septembre 2001. Ils ont vécu les attaques horribles, en direct de leur salon, témoins de toute cette destruction, du bruit des sirènes de polices et de pompiers. Après l’effondrement des tours, la fumée menaçante avançait tranquillement vers leur appartement… Vision assez surréaliste.
Voici un article que j’ai trouvé sur les meilleures présentations, les plus grands discours de tous les temps: The Top 10 presentations ever. Le titre est un peu pompeux puisqu’il s’agit de présentations oratoires qui sont disponibles en vidéo depuis une quarantaine d’années. Les discours plus anciens n’y figurent pas, mais bon, il n’y avait pas de caméras dans le temps pour vous permettre de voir comment le discours a été réellement livré par l’orateur. En effet, il est difficile de porter un jugement sur l’orateur si vous ne le voyez ou ne l’entendez pas, n’est-ce pas? Le texte et le message peuvent être magnifiques, mais de quelle façon ont-ils été rendus?
Ainsi, vous pouvez voir maintenant la présentation captivante de Steve Jobs, le fondateur d’Apple, qui présente ici le nouvel ordinateur Macintosh en 1984 avec style, humour et un bon sens théâtral. La suite est bien connue, la place qu’a gagné la compagnie Apple et l’ordinateur individuel dans le monde ont marqué l’histoire.
Mais il y a une présentation encore plus puissante que celle de Jobs, la fameuse élocution de Martin Luther King “I have a Dream”.
Martin Luther King “I have a Dream’
Parmi la liste des présentations célèbres de l’article, la palme du discours historique va donc, selon moi, au Dr. Martin Luther King, pour “I have a Dream”, prononcé le 28 août 1963 à Washington et qui est une partie importante de l’American Civil Rights Movement. Le révérend parle avec force, émotion et détermination du rêve qu’un jour ses petits enfants pourront vivre avec les blancs sans ségrégation raciale. Le rêve qu’un jour ses petits enfants ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par la vivacité de leur esprit.
Le discours monumental de King, qui a changé la trajectoire historique des États-Unis, est absolument brillant. Sa puissance oratoire nous fait frissonner 40 ans plus tard. J’affiche l’essentiel de sa présentation vidéo ici (durée: 4 minutes). À ne pas manquer.
La version intégrale du discours de 17 minutes est ici.
Pour écouter la version audio de “I have a dream”, c’est ici:
Je ne vous compte pas une blague et vous ne rêvez pas. Il se commet une centaine d’infanticides par année au Québec. C’est ce que le docteur Jean-François Chicoine a révélé au journaliste Normand Lester sur les ondes radio ce midi. Des bébés parfaitement viables après 8 ou 9 mois de grossesses sont tués dans des avortements plus que tardifs. En effet, à ce stade avancé de la grossesse, nous ne parlons pas vraiment d’avortement, mais plutôt de meurtre. Le plus choquant, ces infanticides sont cautionnés par le gouvernement du Québec et commis par une poignée de médecins dans un CLSC de Montréal!
Comment on tue ces enfants? Est-ce qu’on étouffe les bébés ou on leur donne une injection létale? Le docteur Chicoine ne sait pas et ne veut pas savoir comment ses confrères font ces actes, tellement il est dégoutté. Ce qui le déçoit amèrement est qu’il n’y a pas d’efforts faits par le système social pour s’occuper de ces mères troublées. Elles se rendent à ce moyen extrême “d’interruption de grossesse” si près de la naissance, au lieu de donner leur enfant en adoption, ce qui serait une alternative plus souhaitable à ces boucheries. Ces situations sont compliquées, mais il faudrait travailler plus fort pour sauver ces enfants et non les tuer.
Quel monde de fou, des centaines de parents québécois font des pieds et des mains pour aller adopter des enfants en Chine pendant qu’on tue des bébés viables à Montréal. Êtes-vous fiers de votre gouvernement? Allez-vous bien dormir ce soir?
Au sujet des avortement tardifs, ce texte de Gilles Guénette, écrit en 2004, éclaire sur cette pratique. Voici un extrait:
Si le Québec envoie ses « patientes » aux États-Unis, ce n’est pas parce que les avortements tardifs (24 semaines et +) sont illégaux dans la Belle Province, mais parce qu’aucun médecin ici n’est en mesure d’offrir le service. « [N]ous en sommes rendus à pouvoir faire des avortements à 23 semaines, d’expliquer Claude Paquin de la clinique médicale Fémina, un établissement privé de Montréal qui se spécialise dans les avortements. Ça prend du courage(2) et de bonnes habiletés techniques pour faire ça. »
Au Canada, il n’y a pas de limite de semaines pour pratiquer un avortement, à la condition qu’il n’y ait pas de « naissance vivante ». Techniquement, une femme peut se faire avorter le jour de son accouchement. Tout ce dont elle a besoin, c’est d’un courageux médecin prêt à le faire. Mais même le père de l’avortement libre et gratuit au Canada, le Dr Henry Morgentaler, se dit mal à l’aise à l’idée d’interrompre une grossesse ayant dépassé le cap des 22 semaines: « Nous n’avortons pas des bébés, nous avortons des foetus, avant qu’ils ne deviennent des bébés. »
Qu’à cela ne tienne, une porte-parole du ministre de la Santé, Philippe Couillard, annonçait le 11 septembre dernier qu’un médecin spécialiste était présentement en formation (en ajoutant qu’« on ne refera pas le débat sur le droit à l’avortement »). Les Québécoises enceintes de plus de six mois n’auront donc plus à s’exiler aux États-Unis pour interrompre leur grossesse. Une excellente nouvelle pour la désormais célèbre Chantal Daigle(3) qui estime qu’il ne devrait pas y avoir de limite de temps pour recourir à l’avortement.
À un stade de 26 semaines, neuf foetus sur dix peuvent survivre à l’extérieur du sein de leur mère, leurs yeux sont partiellement ouverts et ils distinguent la lumière. « Il est rare, d’ajouter la journaliste de La Presse, qu’une femme attende aussi longtemps avant de subir un avortement, mais ce sont souvent les mêmes qui se retrouvent dans cette catégorie: les malchanceuses et les ambivalentes qui n’arrivent pas à se décider. »
Charest tente d’attirer l’attention des Français…
À défaut, il a attiré l’attention des pauvres souverainistes.
Dimanche dernier notre Premier Ministre québécois, Jean Charest, donnait à Paris une entrevue sur TV5/Europe 1 à l’émission de Jean-Pierre ELKABBACH, Le Grand Rendez-Vous. La déclaration de Charest à savoir que le Québec avait les moyens d’être indépendant a allumé les fusées d’André Boisclair qui voit une victoire souverainiste dans les propos de Jean Charest. Il n’y a pas grand chose de nouveau dans la déclaration de Charest, même si je dois avouer qu’il s’est mis un peu les pieds dans les plats. La plupart des gens savent que le Québec pourrait bien devenir un pays comme il en existe des dizaines d’autres dans le monde. Charest a répliqué que ce n’est pas, selon lui, dans l’intérêt du Québec de poursuivre seul son chemin en essayant d’éteindre le feu de poudre de Boisclair. Belle affaire à Paris, qui fait jaser le Québec en intermède au Mondial 2006. Ah oui, on a eu droit aussi à de bon échanges sur le “foot” entre les intervieweurs et Charest qui a joué au soccer dans son enfance…
Voici la réaction de Michel Vastel sur son blogue à propos de l’entrevue intégrale que j’ai récupérée du site d’Europe 1 et que je vous fais entendre tout de suite à la fin de ce billet. Vous pourrez ainsi en juger par vous-même.
Du grand Charest!
Je viens d’écouter l’entrevue intégrale du premier ministre du Québec au Grand Rendez-Vous de TV5 / Europe 1 grâce à l’adresse que je vous ai communiquée un peu plus tôt ce soir. Du grand Charest… Ou du grand Québec si vous préférez! Un Québec qui «a les moyens» en somme…
Jean Charest y discute de politique canadienne et pas seulement québécoise, de relations franco américaines et de relations canado américaines. Évidemment, son séjour à Ottawa - ministre de Brian Mulroney - ne lui nuit pas, en particulier sur les questions d’environnement.
Quel malheur que tant de débats se soient tenus sur un entretien de près d’une heure que personne n’avait écouté. Il y en a beaucoup qui ont parlé à travers leur chapeau.
Si j’osais, je dirais que nous nous sommes collectivement comportés comme des colons. La phrase qu’il avait prononcée à Paris prenait soudain toute une importance: c’était Paris! Tout le monde, à commencer par les journa listes qui accompagnaient M. Charest, et nos politiciens, et nos pontifes d’ici, se sont crus autorisés de commenter.
Cela ne venait-il pas de Paris? Colons va!
Écoutez l’entrevue intégrale de Jean Charest (50 minutes):
L’animateur féroce Gilles Proulx se défoule sur les policiers dans cette entrevue sur les ondes de 98,5 FM. Il passe un savon à Paulin Aubé, vice-président de la fédération des policiers municipaux du Québec, sur le mauvais travail des corps policiers du Québec. La police d’aujourd’hui n’est plus bien efficace, selon l’animateur. Le policier essaie de rester courtois et patient en répétant qu’il est fier du travail des policiers.
Jeudi matin, huit heures moins quart, nous entrons dans l’ancienne banque d’Hélène. L’édifice de la Côte-des-Neiges a été converti en clinique médicale privée ultra spécialisée, spacieuse et moderne. Nous sommes assez excités puisque c’est aujourd’hui la première échographie de bébé.
L’infirmière installe Hélène confortablement et applique la gelée sur son ventre pour faire l’examen. J’avais lu rapidement la veille la définition d’échographie sur Wikipédia. Des ondes sonores sont transmises par un transducteur et leurs *échos* sont représentés en *graphique* d’où les racines du mot échographie. Mais laissons la technique en second plan et passons maintenant aux choses sérieuses. Place à la vie et à l’excitation de voir les premières images de bébé.
Bébé miniature est en construction dans ce chantier cellulaire hautement automatisé que nous réussissions à sonder comme par sorcellerie. Je me dis que c’est un peu incroyable de voir en direct tout ce qui se passe dans le ventre d’Hélène. Ainsi c’est vrai, il y a un bébé dans le ventre de maman! L’abstrait devient subitement plus réel, la maman me sourit, le bébé fait des culbutes, mon coeur bat plus vite, je vais être un papa!
Bébé fait des roulades et se tortille les jambes. Il *flippe* comme flipper le dauphin. Tantôt il apparaît de côté, de face, de dos, du haut de la tête. On voit son coeur battre. Parfois il pousse sur ses jambes et il rebondi sur les parois de sa petite maison en forme de sac. Deux jambes, deux pieds, deux bras, une tête, les deux hémisphères du cerveau, la colonne vertébrale et ses petites vertèbres, les mains, le nez, les yeux, le cordon ombilical, tout est là déjà. L’infirmière mesure avec son ordinateur par quelques clics de souris la taille de bébé, cinq centimètres de la tête au coccyx, deux centimètres pour les jambes, en tout sept centimètres. Elle nous fait entendre les battements rapide du petit coeur par les haut-parleurs: les boum-boum-boums mitraillent en rafale. Sur l’écran, nous voyons clairement la région du coeur qui bouge pendant que la fanfare et les clairons de bébé nous martèlent les oreilles.
J’ai mon appareil photo et je filme les mouvements de bébé sur l’écran qui surplombe Hélène. Nos yeux émerveillés sont rivés à l’écran où bébé fait ses culbutes. (Tous les détails sont dans la séquence vidéo à la fin de ce billet). Puis, l’infirmière passe à la partie sérieuse de son travail. Elle profite de la bonne position de bébé pour faire l’examen de la clarté nucale. Elle mesure l’épaisseur de la couche de liquide derrière la nuque de bébé. La longueur est normale et tout est en ordre. L’infirmière nous montre l’estomac qui apparait noir sur le moniteur, parce qu’il est plein de liquide. Bon signe, bébé s’alimente et boit bien. Puis, l’infirmière attire notre attention sur le bourgeon du sexe. Elle nous dit que comme il est dans le sens du corps du bébé, il y a plus de probabilité que ça soit une fille. Si l’angle avait été supérieur à trente degrés, elle aurait penché plutôt pour un garçon. Mais il n’y a encore rien de certain à ce stade-ci de la grossesse.
L’infirmière nous remet un CD contenant les images prises par l’appareil d’échographie. En sortant de la clinique, Hélène a un petit creux de femme enceinte. Nous traversons Côte-des-Neiges pour aller au Tim Horton. L’endroit est bondé, il y a une file d’une trentaine de clients et ce sera beaucoup trop long. Je propose à Hélène d’aller au Tim Horton près du centre Rockland sur notre chemin du retour et arrivés à mon auto, Hélène dit:”le cd-rom n’est pas dans l’enveloppe”. Oups, je crois que je l’ai échappé par mégarde. Je cours vers la clinique et quelle chance, le CD est là qui m’attend sagement sur le trottoir. C’est ma première petite frousse causée par bébé! Il paraît qu’il y en aura beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres… Mais maintenant, tout va bien.
Après ma journée au travail et de retour à la maison, le photographe en moi n’a pas attendu bien longtemps avant de faire une composition des images avec le logiciel Photoshop. Voici le montage que j’ai fait des images:
Ici, je présente la même image en plus grand format pour mieux voir les petits détails de bébé (se déplacer vers la droite pour voir toutes les images):
Maintenant, place au ballet, aux roulades, aux culbutes et aux acrobaties de bébé que vous pouvez voir par la magie du vidéo. Les photos statiques de l’échographie sont bien impressionnantes, mais la beauté de l’examen est encore plus frappante en voyant tous les mouvements du petit être qui s’exécute devant nos yeux. Évidemment, j’ai gardé le gâteau pour la fin. Mesdames et messieurs, voici la toute première mondiale de bébé dans ce petit vidéo que j’ai monté de l’échographie avec en prime nos commentaires audio. (Cliquer une ou deux fois sur la flèche “play” pour le faire jouer. Durée: 11 minutes).
Vendredi passé se déroulait en public, après une aventure de 11 ans, la dernière émission d’indicatif présent avec Marie-France Bazzo. Vindicatif présent était un segment de l’émission réalisé avec des chroniqueurs et franc-tireurs qui commentent allègrement l’actualité politique. Je vous présente ici l’extrait de cette dernière table ronde sur le bilan de l’année politique avec Chantal Hébert, Michel C. Auger, Christian Dufour, Bernard St-Laurent, Dennis Trudeau.
Les cinq panélistes nous font part de leur personnalité de l’année, de la citation de l’année, de la grande déception de l’année, de leur prédiction sur le moment des prochaines élections provinciales et fédérales, du titre du film qui porterait sur la dernière année politique, de la mascotte de l’année et du chalet à surveiller cet été.
Pour célébrer la St-Jean-Baptiste, on a présenté sur le site de la maison du Meunier, au parc de la Visitation, un concert d’harmonie en plein air et gratuit dans la tradition de l’avocat philanthrope Charles S. Campbell (1858-1923). Ces concerts ont lieu à Montréal depuis 1924, dans les parcs et places publiques comme les parcs Lafontaine, Jarry, Jeanne-Mance et le square Dominion, grâce à un legs de 230 000 $ de Campbell, un montréalais originaire de Kingston en Ontario. L’esprit de ces évènements est «d’encourager l’activité d’harmonies les soirs d’été… dans les endroits publics rapprochés des secteurs congestionnés de la ville».
Pour les quelques spectacles de la St-Jean auxquels j’ai assisté dans ma vie, on dirait qu’il y a toujours des gens un peu “spéciaux” qui aiment donner un *show* de danse. Un peu comme les joueurs de tam-tam sur le Mont-Royal les dimanches. Cette année ne fait pas exception à cette règle, mais par contre j’avais ma caméra numérique pour capturer la scène. Voilà le vidéo:
La journée s’annonçait nuageuse, mais tout a changé en après-midi. Sur le pont Champlain, j’ai eu l’idée de faire un crochet pour montrer à maman l’entreprise où je travaille. Elle a bien aimé nos installations et a été surprise par la grandeur et les locaux au R&D. Tous les postes de travail, les ordinateurs, les équipements électroniques. Oui, il y a du monde et du matériel pour remplir toute cette bâtisse là. Je l’ai même amené sur la mezzanine qui surplombe le plancher de production des contrôles électroniques, puis un secteur de l’usine mécanique où elle a vu des ventilateurs, des actuateurs et autres bidules mécaniques à fonction agricole qui m’étaient inconnus avant d’occuper cet emploi, il y a déjà 3 ans.
Puis à Orford, le lac Fraser et le site sont magnifiques et l’hospitalité de Martine et George hors pair. Le Soleil était au rendez-vous, l’eau était bonne, le kayak a pris son premier bain de l’été question de chasser ses toiles d’araignée et sa mousse de pollen, les steaks étaient succulents et presque toute la famille était là. De la vraie détente!
Isabelle était ravie d’avoir son oncle Jean-Pierre avec elle. “Viens jouer au ballon. Viens te coucher dans la tente avec moi. Lis-moi une histoire.” Le tout se répétant dans une boucle sans fin et qui recommence aux quinze minutes. Ouf! Mon oncle Jean-Pierre s’est bien amusé avec la petite Isabelle et puis, il s’est assis pour se reposer, offrir sa chair tendre aux maringouins et parler à George, maman Suzanne et maman Martine. La pause “dodo pour la nuit” d’Isabelle est arrivée plus tôt que prévue, puisque la sieste de l’après-midi a été sautée, ce dont je ne suis pas sûr que c’est une bonne idée… La petite boule hyper énergisante s’est endormie vers 19h30.
C’est alors que Suzanne a essayé de nous convaincre qu’elle avait fait cuire des guimauves dans sa jeunesse. J’en doutais un peu en la taquinant et vous verrez pourquoi vers la fin du vidéo puisque ses premières cuissons ont été malencontreusement brûlées. Mais quelques guimauves plus tard, sa technique a refait surface et tout allait comme sur des roulettes. Elle rivalisait avec les succès de George qui enfilait guimauve après guimauve en les faisant dorer à la perfection.
Des rares journées comme ça, j’en prendrais des tonnes. La seule ombre au tableau, Hélène qui ne file pas depuis plusieurs jours tout près de sa douzième semaine de grossesse. Mais en discutant ensemble, nous étions tous les deux gagnants à la fin de la journée. Elle en a profité pour se reposer et dormir tout l’après-midi.
Enfin, voilà un petit vidéo des faits saillants de la journée. Cliquer sur play une couple de fois et le tour est joué:
Toutes les photos de la journée sont ici sur Flickr et je n’ai pas résisté à en insérer plusieurs dans ce blogue.
Ici, j’ai vraiment creusé dans les archives sonores de mon père en quête de poésies plus obscures. Dissimulé dans un recoin de mémoire magnétique, j’ai déniché un poème plus long que papa a pris la peine d’enregistrer: l’épave de François Coppée.
D’abord, Le nom ne me dit absolument rien et bien entendu, je ne connais évidemment rien sur le poète. Qui est François Coppée? Encore une fois, je Google le poète et voici le résultat des premières recherches. Les poésies du poète français. Ensuite, je vais sur l’encyclopédie Wikipedia qui me donne plus de substance sur le personnage:
François Édouard Joachim Coppée (1842 - 1908) est un poète, dramaturge et romancier français, élu à l’Académie française (dixième fauteuil) en 1884.
François Coppée fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue intimistes du monde des humbles. Poète du souvenir d’une première rencontre amoureuse (« Septembre, au ciel léger »), de la nostalgie d’une autre existence (« Je suis un pâle enfant du vieux Paris ») ou de la beauté du crépuscule (« Le crépuscule est triste et doux ») il rencontra un grand succès populaire avant de tomber dans l’oubli.
Tiens donc, Coppée est tombé dans l’oubli! Nelligan, lui, est tombé fou. Hum! pas rigolo la vie de poète. Bon maintenant, où est le texte du poème? Retourne sur Google, il ne me faut que quelques secondes de recherche pour trouver le texte du poème sur l’épave. En effet, Google est un moteur de recherche tellement puissant, que je n’ai qu’à écrire ma question “L’épave de François Coppée” et la pêche est extrêmement rapide pour hameçonner le poisson. Les deux premiers liens trouvés me mènent directement au texte complet du poème. Je crois me souvenir que papa a fait quelques voyages à la bibliothèque locale ou tout probablement à une librairie pour mettre la main sur le poème. Il aurait sûrement apprécié pouvoir Googler le texte en quelques secondes…
J’ai lu dernièrement que l’invention du *lien* était la version contemporaine correspondante en importance à la découverte de l’imprimerie et l’idée ne me semble pas du tout saugrenue.
Maintenant, il n’y a plus de présentation à faire sur la compétence de mon papa à réciter des poésies. C’est le troisième podcast en ligne que je fais avec ses poèmes! En plus, ma soeur Martine dit que c’est le meilleur en toute objectivité…
Je vous préviens, ce poème est un peu plus long que les autres puisqu’il dure un peu plus de 8 minutes. Alors, si le coeur vous en dit et que vous avez quelques minutes à vous, aussi bien vous chercher une tasse de café ou des petits biscuits. Installez vous confortablement, ouvrez vos oreilles et démarrez la lecture du poème en lisant le texte que j’ai reproduit ci-dessous pour découvrir l’histoire d’un petit homme qui désire suivre les traces de son père marin, au grand désespoir de sa maman. La vie fait son chemin et le petit gars finira par aller où son destin le mènera. Une belle histoire un peu tristounette, comme celle de la romance du vin de Nelligan. Ce n’est pas jojo, être poète…
Devant la mer, assis au seuil de leur maison,
La veuve du marin et son jeune garçon
Sont en grand deuil. Hélas ! l’équinoxe d’automne
A fait d’affreux malheurs sur la côte bretonne ;
Et c’est pourquoi, rêveurs devant le ciel du soir,
Cette femme et son fils sont habillés de noir.
Ah ! dans ce lac paisible où, sous la brise fraîche,
Viennent de s’éloigner les fins bateaux de pêche
Dont les voiles, là-bas, blanchissent dans le ciel,
Nul ne reconnaîtrait cet Océan cruel
Qui, l’an dernier, pendant la grande marée haute,
En un jour, a broyé vingt barques sur la côte,
Et, parmi tant de deuils dont le pays est plein,
A navré cette femme et fait cet orphelin.
Le ciel peut être pur, la mer peut être belle,
La veuve du marin est sombre et se rappelle
L’effroyable tempête où son homme a péri
– C’est aussi de sa faute, à mon pauvre mari,
Dit-elle en soupirant à son fils qui l’écoute,
Il faut porter secours aux malheureux, sans doute,
Et nul ne l’a plus fait que mon pauvre Mathieu.
Mais affronter ainsi la mort, c’est tenter Dieu !…
On n’avait jamais vu de pareille marée.
Ton père était chez nous ; sa barque était rentrée ;
Il disait, en mangeant sa soupe : Il faut qu’on soit
Maudit pour être en mer par ce vent de noroit !
Après dîner, Mathieu prend sa pipe et l’allume
Et va fumer dehors, comme il avait coutume.
Là, malgré le gros temps, ils étaient quelques-uns
Qui regardaient sauter et mousser les embruns,
Quand tout à coup, voilà que mon homme remarque,
Du côté des rochers Saint-Hierre, un trois-mâts barque…
Doux Jésus ! Ce ne fut pas long. En un clin d’oeil
Le malheureux navire échoua sur l’écueil.
– Un canot ! dit Mathieu… J’étais épouvantée ;
Les autres lui montraient cette mer démontée
Et la lame en fureur qui crachaient des galets.
– Un canot ! répétait ton père. Sauvons-les !
Un canot à la mer, ou nous sommes des lâches !
Le mien, si vous voulez ; car aux plus rudes tâches
Il est bon ; il ne craint ni le flot ni le vent,
Et je l’ai baptisé d’un beau nom : En avant !…
Ah! les hommes sont fous, mon Tiennot !… Ils partirent…
Et tous ont péri, tous… A l’heure où se retirent
Les vagues, tu m’as vue aller, tout cet hiver,
Chaque jour, aussi loin que va la basse mer.
Mais l’Océan qui meurt à mes pieds et les lave
N’a jamais rejeté la plus petite épave,
Pas plus du grand trois-mâts que du pauvre canot…
O mon mignon chéri ! Pauvre petit Tiennot !
Ne va plus sur la mer… tu sais, j’ai ta promesse…
Monsieur le recteur t’aime et tu lui sers sa messe ;
Il t’apprend l’écriture… Eh bien, c’est ton destin,
Tu deviendras un prêtre et parleras latin.
Et puis, loin de ces flots dont le bruit m’épouvante,
Quand tu seras curé, je serais ta servante.
Ne te fais pas marin !… D’ailleurs, tu m’as promis…
L’enfant se tait. Il songe à ses petits amis,
A ces gamins qu’il voit, dès que le matin brille
A bord d’une chaloupe, aller à la godille,
Tandis qu’il n’ose plus, le craintif orphelin,
Pousser un aviron ni nouer un grelin.
Il a promis, il veut obéir à sa mère,
Mais, lorsque le curé, refermant sa grammaire,
Lui dit : – Va-t-en jouer ! et qu’il est libre enfin,
Troussé jusqu’aux genoux et sur le sable fin
Marchant pieds nus, il court bien vite vers la grève,
Et le fils du marin cherche à tromper son rêve.
Mais sentir l’âpre vent souffler dans ses cheveux
Et l’eau froide monter sur ses mollets nerveux,
Voir au loin le gros coup et la lame mauvaise
Eclater en couvrant d’écume la falaise,
Remplir tout un panier de crevettes, chercher
Quelque hideux homard tapi sous un rocher,
Ou saisir le lançon dans sa fuite rapide,
Cela ne suffit pas à l’enfant intrépide.
Non, son ardent désir, c’est le bateau mouvant
Avec sa voile ronde et ses deux focs au vent
Et le lest de galets humides qui le charge,
C’est la course au lointain horizon, c’est le large
Avec sa forte houle et son grand souffle amer,
C’est l’ivresse d’aller sur cette vaste mer,
Dont le parfum le grise et le rhythme l’attire…
Et voilà de longs mois que dure ce martyre !
Mais le temps passe. Encore un équinoxe affreux !
Et les marins du port, un jour, causant entre eux,
Tout comme l’an dernier, sur la mer en délire,
Viennent de signaler un malheureux navire,
– Un brick, cette fois-ci, – qui touche le récif.
A chaque lame, il fait ce sursaut convulsif
Qu’on pourrait appeler le râle du naufrage.
– Un canot à la mer ! des hommes de courage !
Dit quelqu’un. Aucun n’a pu, certe, oublier
Les camarades morts de l’automne dernier.
Mais voilà qu’on entoure une barque et qu’on l’arme,
La mère de Tiennot est là, pleine d’alarme,
Elle étreint son garçon et lui redit tout bas :
– Tu sais, tu me l’as bien promis… tu n’iras pas !
Et, les yeux dilatés et se mordant la bouche,
L’enfant ne répond rien et regarde farouche,
Les braves compagnons qui parent le bateau.
Tout à coup, une lourde et sombre masse d’eau
S’écroule avec fracas, couvrant tout de sa bave,
Et devant l’orphelin elle jette une épave,
Une planche pourrie et rongée où l’enfant
A déjà distingué ces deux mots : En avant !
L’Atlantique a tiré du fond de son repaire
Ce débris de bateau. C’est un ordre du père !
Les sauveteurs sont prêts ; ils poussent leur canot ;
Et s’arrachant des bras de sa mère, Tiennot
Saute auprès d’eux, saisit à la hâte une rame…
Et les voilà partis avec l’énorme lame !
Comme on les suit des yeux ! Hardi, là ! Comment ils vont !
Sainte Vierge ! voyez cette lame de fond…
Ils ont chaviré… Non, le canot se redresse…
Il va toucher, il touche au navire en détresse…
Il était temps, le brick se penche à faire peur…
Ils reviennent déjà !… Voilà des gens de cœur !
Qu’ils sont chargés, ils ont de l’eau jusqu’au bordage…
– Combien en avez-vous sauvé ? – Tout l’ équipage !
– Hurrah ! – Vite! jetez une corde… Aidez-nous…
Et tandis que, joyeux, sautent sur les cailloux
Sauveteurs et sauvés, parmi l’écume amère,
Le brave enfant Tiennot dit à sa pauvre mère
Qui, de ses bras brisés, l’entoure en sanglotant :